Chronique d’une élection bancale

Le lait répandu…

Ça sentait un peu la cour de récréation. « C’est lui qui a commencé, M’sieu! » etc. Ce qui cadre plutôt mal avec le niveau attendu et la sérénité espérée de la fonction rectorale.

En 2014, je m’étais astreint à un devoir de réserve qui me semblait s’imposer à un recteur sortant et non rééligible, mais toujours en fonction. Aujourd’hui, je suis dégagé de cette contrainte et abondamment sollicité, mais je ne prendrai néanmoins aucune position à propos des candidats. 

En effet, il m’importe peu de passer en revue les événements, les paroles non-tenues, les désertions, les coups de Jarnac, les procès d’intention, les accusations tapageuses et les noms d’oiseaux. A quoi cela servirait-il ? 

Tout le monde est convaincu d’avoir raison et cependant tout le monde a tort. 

Car, quelle que soit la vérité – si seulement elle existe et si elle est univoque – on est descendu se disputer dans les sous-sols et on y a apporté un éclairage médiatique terriblement cru, qui a donné à voir le linge sale bien en dehors des murs de la Maison. Et là, qui qu’on soit, on a tort.

Même si ce ne sont pas toujours les protagonistes eux-mêmes qui ont donné à la campagne cette visibilité externe, même si ce sont certains de leurs fans, c’est sur eux qu’est retombée l’opprobre, ternissant la fonction en la privant de sa séculaire dignité.

Quoi qu’il arrive maintenant, rien ne sera plus comme avant. Une énorme reconstruction s’avérera indispensable et absorbera une bonne part de l’énergie que le prochain recteur, l’actuel ou son successeur, va pouvoir consacrer à cette fonction ô combien absorbante et exigeante par ailleurs. Et de surcroît, sans parler de schisme car il ne faut rien exagérer, la confiance est fortement ébranlée.

Tout en évitant de se pencher sur qui a fait quoi, pourquoi, quand et comment, sur qui est légitime et qui ne l’est pas, sur ce que veut dire être responsable des actions de ses subordonnés ainsi que beaucoup d’autres questions, essentiellement de personnes, voire d’égos, on peut aussi s’interroger sur les effets du changement de système électoral qui, personnellement, me semble responsable, au moins en partie, de la chienlit actuelle.

À part les gens, la faute à quoi ?

Personne n’est satisfait de cette élection en cours: aucun des candidats, aucun électeur, aucun observateur extérieur, sauf peut-être quelques détracteurs de l’Université et/ou même de Liège. Pour beaucoup de témoins, internes ou externes, le nouveau système électoral se rapprocherait trop d’un mécanisme politique sans avoir en soutien la structuration en partis ni des élections primaires au sein de ceux-ci. Cela expliquerait les dérives qui seraient, dit-on, dans l’air du temps. En effet, l’ULiège n’est pas la seule université à rencontrer une grosse difficulté électorale…

Il est difficile de réexaminer le mécanisme électoral et de le critiquer sans passer pour un nostalgique de l’ancien régime, celui de l’élection « entre soi », c’est à dire dans un contexte où seul le corps académique avait le droit de vote, où il n’y avait ni candidats, ni campagne électorale, ni programmes, ni bureaux de vote, ni isoloirs, où l’élection se déroulait dans une salle feutrée, isolée de l’extérieur, au finish (donc pouvant parfois durer plusieurs jours), en conclave, disait-on, et où la victoire exigeait une majorité des deux tiers… Loin de moi l’envie de revenir à ce mode électoral-là, son côté papal incontestable le rendait profondément désuet, même si on peut objectivement y détecter encore aujourd’hui, surtout au vu des événements, plusieurs avantages, et peut-être un certain charme…

L’obsolescence de la procédure électorale

Deux aspects de cette procédure l’amenaient inexorablement à sa disparition: 

  • d’une part, le risque de l’impréparation au plus haut niveau, donc d’une mise en œuvre difficile, voire de la surprise d’une incompétence non-détectée, toujours possible lorsqu’émergeait quelqu’un de méconnu, même si la chance a voulu que ce danger ne se soit jamais concrétisé; 
  • et d’autre part, son caractère outrageusement peu démocratique.

Le premier écueil a été fortement atténué à partir de l’élection de 1997, qui fut la première à voir réellement se développer une campagne préalable et des candidats déclarés, bien que se déclarer candidat fût encore perçu à l’époque par beaucoup de professeurs conservateurs comme une outrance décadente, (ne parlons même pas de « faire campagne »!). Toutefois, le changement – qui ne provenait pas d’une modification décrétale mais d’une initiative de candidats – fut bien accepté par une large majorité d’académiques à l’époque car il survenait à un moment où l’autonomie des universités se voyait renforcée de plus en plus, ce qui semble être un progrès, mais qui l’est moins lorsqu’on réalise que recevoir l’autonomie sans les finances suffisantes est une préoccupation permanente qui pèse lourdement sur la charge de recteur. Il était donc impératif de connaître les projets relativement précis du futur dirigeant ainsi que ses capacités de piloter l’Institution. Ce fut, il y a un peu plus de 20 ans, le début de l’ère des programmes électoraux.

Le second écueil commençait, dans les années 2010, à devenir franchement anachronique. D’autant plus que le recteur, à Liège, est également président du Conseil d’administration de l’Université et que ce seul fait lui donne une autorité considérable sur l’ensemble du personnel et donc une pleine responsabilité vis-à-vis de celui-ci au grand complet. Il est donc normal d’élargir l’électorat à toutes les personnes concernées. On peut évidemment discuter à perte de vue sur la pondération des votes qui n’accorde que fort peu de poids aux membres non-académiques permanents et accorde une influence certes réduite mais relativement forte aux étudiants, comme le premier tour de l’élection de 2017 l’a clairement montré puisque, sans la participation estudiantine – ou si elle avait été dosée plus légèrement -, la configuration du deuxième tour en eût été tout-à-fait différente. Mais sans revenir sur cette répartition des poids de vote, où peut-on trouver la cause de la difficulté actuelle dans laquelle ce processus électoral s’est embourbé ?

« Personne », une ruse odysséenne ?

Certains reprochent à la procédure mise en place en 2014 l’option de vote « à personne », allant jusqu’à suggérer son caractère incivique… C’est évidemment méconnaître la raison fondamentale de cette option, probablement la plus judicieuse de la réforme, selon moi, et je reconnais avoir, au moment où se préparait cette « démocratisation de l’élection rectorale » avec laquelle j’avais plusieurs points de désaccord, vigoureusement insisté pour qu’elle fasse partie du processus électoral. En effet, la réforme faisait disparaître une porte de sortie précieuse de l’ancien système: la possibilité de sortir d’un blocage entre deux « aspirants » (on ne disait pas candidats puisqu’il n’y avait pas de candidature officielle) en reportant ses voix sur une troisième personne, tout professeur ordinaire étant éligible si son âge le permettait. Dans l’ère moderne de l’histoire du rectorat, c’est à dire depuis 1953, un tel événement s’est produit deux fois (sur 6 recteurs élus en 60 ans entre 1953 et 2013) et a fait sortir des urnes deux personnalités inattendues, Marcel Dubuisson et Arthur Bodson, qui occuperont respectivement la fonction pendant 18 ans (1953-1971) et 12 ans (1985-1997).

Cette porte de sortie salutaire permettait intelligemment d’éviter le clivage profond qui pourrait survenir dans l’Institution après une élection aussi rude, en sortant des urnes, après de très nombreux tours de scrutin, un nom moins connu mais capable de créer le consensus avec, bien évidemment, les risques de plongée dans l’inconnu que cela comportait. Dans ces deux cas, la pacification fut immédiate.

Mais la porte de sortie n’existe plus aujourd’hui. L’élection ne pouvant plus se dérouler en vase clos en raison du nombre considérable de votants (environ 28.000), elle se déroule exclusivement, du côté candidats, entre ceux qui ont volontairement fait acte de candidature et elle implique une campagne officielle, solidement cadenassée par un cortège de règles strictes quant à l’expression des candidats, leur accès aux moyens internes de communication, les débats réglementés et chronométrés et tout ce qui fait plutôt l’essentiel d’une élection politique que celui du choix d’un chef d’institution universitaire.

La possibilité de voter « à personne » prend alors tout son sens et atténue quelque peu les travers du système. En effet, il est indispensable que l’électeur puisse exprimer son désaccord avec les différents candidats qui se sont proposés de leur propre chef, sans même devoir être présentés par un certain nombre de signatures préalables en leur faveur, et par là-même, encourager l’alternative puisqu’il ne dispose plus de l’option qui consiste à suggérer un autre nom.

En ouvrant à nouveau totalement les candidatures après un échec rencontré par les deux candidats sélectionnés pour le deuxième tour de scrutin, on autorise ce rafraîchissement qui permet alors d’éventuellement sortir du blocage plutôt que de se diriger vers un départage entre deux candidats aboutissant à l’élection d’un recteur basée sur un pourcentage trop réduit de voix. 

Il va de soi que, si on repart vers un troisième tour avec exactement les mêmes candidats qu’au premier, tout ceci n’a plus de sens. C’est à ce moment que l’intérêt suprême de l’Institution devrait primer sur les amour-propres malmenés…

L’étrange quatrième tour

Cependant cette échappatoire ne vaut que pour les trois premiers tours. Le quatrième a été conçu pour en finir: s’il a lieu, il donnera la victoire à celui des deux candidats qui obtiendra le plus de voix. C’est du moins ce qu’on dit.

Confronté en outre avec la difficulté de programmer judicieusement deux tours de scrutin en isoloirs en ce moment de l’année où les sessions d’examens rivalisent avec les vacances, le Conseil d’administration devra se montrer rapidement très précis sur la procédure de l’éventuel quatrième tour. En effet, les textes ne sont pas clairs sur le rôle de « à personne » à ce moment. Deux possibilités existent et il faudra choisir: soit la règle est la même qu’au second tour, soit on oublie le fameux « à personne ».

Dans le premier cas, si « à personne » fait encore barrage, ou s’il ‘gagne’, c’est-à-dire arrive devant les deux candidats (il pourrait même remporter plus de 50% !), on ne sortira pas de l’impasse, contrairement à ce qui est annoncé, et tout sera à recommencer. Une donne complètement nouvelle sera alors indispensable.
Dans le second cas, en négligeant le message des électeurs que traduit le vote « à personne », on sortira certes de l’impasse mais on élira un recteur sur base d’un nombre très faible d’électeurs. Dans ce cas, il serait à tout le moins indispensable de fixer un quorum de votants à atteindre…

On le voit, l’Université s’approche de plus en plus d’une difficulté qui, même si elle pouvait paraître peu probable au départ, s’avère de plus en plus réaliste à présent. Espérons que le Conseil évitera la précipitation, qu’il se donnera le temps d’une réflexion approfondie et que la solution sera telle qu’on ne s’aventurera pas vers quatre années durant lesquelles la légitimité rectorale puisse être concrètement ou même implicitement remise en cause. Il en va du prestige de l’Institution.

A fantastic move towards Open Science by the University of Lorraine (France)

Taking advantage of the French break up of the negotiations with Springer and of the resulting savings (160 k€, after an outrageous 60% increase in 10 years!), the University of Lorraine has been “thinking about a refoundation of scientific communication that goes both towards more openness (open access), more transparency and efficiency”.

They will “support financially, in a spirit of partnership, several publishing initiatives that meet the principles of scientific quality, openness, transparency and governance centered on academic communities” such as the scientific journals platforms OpenEdition (France) and Erudit (Quebec), the Open Library of Humanities platform (United Kingdom), the Sci-Post platform, EDP Sciences, and l’Epijournal de Géométrie Algébrique (Epiga), which uses the Episciences platform.

The University of Lorraine also becomes the first French institution to join the Fair Open Access Alliance, a structure that offers journals that wish a methodological and financial support to leave the lap of large commercial publishers and join open publishing platforms.

Almost all of these innovative initiatives have in common to offer publishing models that are both free for the reader (open access) and for the author (no payment of Article Processing Charges). The university also continues its financial participation in associations and structures that promote open science (DOAR, Coalition of Open Access Repositories – COAR, Sparc Europe)”.

What a beautiful initiative ! We all hoped that one day, the disgust would lead to a break-up and that the tremendous savings that would result could fuel a real renewal ! It’s the right way, the only one possible in the long run! No more Big Deals and other endless scams! Enough negotiations lost in advance! Now, let every university do the same, it takes only a short moment of academic courage, but what a great opening behind it !

 

I presume that soliciting the expertise of researchers would have created a conflict of interest ?

[En français ici]

It may be due to the Spring break, but I am surprised at the lack of reaction in the media – social or otherwise – about two recent initiatives of the European Community, namely:
– the launch of a call for tenders for the establishment of a public platform for scientific publication;
– the creation of a « EU Open Science Monitor » and the call for consultancy contracts « to determine the open scientific scope, nature, impacts on science and scientific knowledge, and their socio-economic impacts. This […] will provide an evidence-based view of the evolution of open science and should facilitate policy development.  »
These are two beautiful ideas a priori, each of which should rejoice.
But, to read better, we discover to each its flats, always regrettable, sometimes scandalous, but revealing of the mentality that reigns supreme in European governance structures and places the economy of profit before the collective interest…

1. The open platform of publication will be reserved for the beneficiaries of hyper-selective financing of the H2020 program. It is certainly an understandable restriction on the part of a funding body, but it is also a missed opportunity to constitute a gigantic open showcase of European scientific production and a solution to the growing problem of scientific publication still sequestered today by the powers of money. It is true that the hyper-powerful lobby of the supranational publishers would never have allowed Europe to make such a defiant gesture towards them.

2. The European Community has decided, in order to build this « public » platform, to appeal to the private sector, by imposing a minimum income of one million Euro during the last two years, which will obviously limit considerably the range of applicants and prevent any public or associative initiative to put itself in the required conditions. We immediately guess who this platform will be entrusted to. Did you say ‘avoid conflicts of interest’?

3. Seeking help to build up the Open Science Monitor and to fuel its reflection, the European Community has chosen to hire a particular competence: that of eminent representatives of academia and research professionals? No. Of all… Elsevier! It is therefore the archetype of carnivorous capital in the field of scientific communication that will put its immense expertise – in the art of fighting by all means the opening of science – at work for a reflection on the future of Research in Europe… Did you say ‘avoid conflicts of interest’?

I know for a fact that « the bigger it gets, the easier it goes » but all the same… These crucial initiatives for European research are so ostensibly locked, padlocked and neutralized even before being issued that the relative silence that accompanies their disclosure surprises me.

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Je suppose que solliciter l’expertise des chercheurs aurait créé un conflit d’intérêt ?

[in English here]

Peut-être est-ce dû au congé de Printemps, mais je suis étonné du peu de réactions dans les médias – sociaux ou non – à propos de deux récentes initiatives de la Communauté Européenne, à savoir:

– le lancement d’un appel d’offre pour la mise en place d’une plateforme publique de publication scientifique;

– la création d’un « EU Open Science Monitor » accompagnée d’un appel à contrat de consultance « afin de déterminer la portée scientifique ouverte, la nature, les impacts sur la science et les connaissances scientifiques, et leurs impacts socio-économiques. […] Cela fournira une vue fondée sur des preuves de l’évolution de la science ouverte et devrait faciliter l’élaboration de politiques ».
Voilà deux belles idées a priori, dont chacun devrait se réjouir.

Mais, à mieux lire, on découvre à chacune ses bémols, toujours regrettables, parfois scandaleux, mais révélateurs de la mentalité qui règne en maître au sein des structures de gouvernance européennes et qui place l’économie du profit devant l’intérêt collectif…

1. La plateforme ouverte de publication sera réservée aux bénéficiaires des financements hyper-sélectifs du programme H2020. C’est certes une restriction compréhensible de la part d’un organisme finançant, mais c’est aussi une occasion manquée de constituer une gigantesque vitrine ouverte de la production scientifique européenne et une solution au problème grandissant de la publication scientifique séquestrée aujourd’hui encore par les puissances de l’argent. Il est vrai que l’hyper-puissant lobby des éditeurs supranationaux n’aurait jamais laissé l’Europe poser un geste aussi défiant à leur égard.

2. La Communauté Européenne a décidé, pour construire cette plateforme « publique », de faire appel au privé, en imposant des revenus minimums d’un million d’Euro durant les deux derniers exercices, ce qui va évidemment limiter considérablement l’éventail des candidatures et empêcher toute initiative publique ou associative de se mettre dans les conditions requises. On devine donc tout de suite à qui cette plateforme sera confiée. Vous avez dit ‘éviter le conflit d’intérêt’?

3. Pour l’aider à constituer l’Open Science Monitor et en alimenter la réflexion, la Communauté Européenne a choisi une compétence particulière: celle… d’Elsevier. C’est donc l’archétype du capital carnassier en matière de communication scientifique qui mettra son immense expertise dans l’art de combattre par tous les moyens l’ouverture de la science au service d’une réflexion sur le futur de la recherche européenne… Vous avez dit ‘éviter le conflit d’intérêt’?

Je sais pertinemment que « plus c’est gros, plus ça passe » mais tout de même… Ces initiatives cruciales pour la recherche européenne sont tellement verrouillées, cadenassées, neutralisées avant même d’être émises que le silence relatif qui accompagne leur divulgation m’étonne.

Le « décret Open Access » de la Fédération Wallonie-Bruxelles consolide la politique de dépôt en archive des universités.

[English version here]

Le décret “Open Access” francophone belge n’est pas, contrairement à ce que pensent certains, une nouveauté en soi.

En effet, toutes les universités de la Fédération disposent aujourd’hui de leur propre archive numérique et elles ont rendu obligatoire le dépôt des manuscrits rédigés et publiés par leurs chercheurs, sur la base du modèle établi dès 2007 à l’Universite de Liège. Alors pourquoi un décret ?

Pour deux raisons, essentiellement.

1) Parce que toutes les institutions n’appliquent pas l’obligation avec la même force et le résultat est donc très variable, particulièrement en raison de l’intimidation que font peser certains éditeurs sur les chercheurs et sur les institutions et en raison du degré de conviction des autorités académiques. Or la Fédération W-B souhaite légitimement disposer d’un inventaire complet des résultats des travaux qu’elle subsidié.

2) En outre, par principe, elle souhaite que tous ces résultats, dans la mesure où les auteurs et les commanditaires considèrent qu’ils peuvent être divulgués (c’est le cas pour toutes les publications, par définition), soient accessibles sans barrières à tout un chacun, et non pas seulement à ceux qui en ont les moyens.

Les archives électroniques en FWB:

DIAL à l’UCLouvain
DIAL à l’UStLouis
Di-Fusion à l’ULB
Di-UMONS à l’UMons
PURE à l’UNamur
– et le pionnier, ORBi à l’ULiège
Le FRS-FNRS impose également le dépôt en archive électronique institutionnelle des publications résultant des recherches qu’il finance.

Contrairement à ce que prétend le lobby des éditeurs, le décret n’apporte aucune contrainte supplémentaire par rapport à ce qui existe déjà partout en Fédération Wallonie-Bruxelles. Toutefois, son extrême utilité est d’élever d’un niveau le caractère obligatoire de la mesure et de lui donner la même efficacité partout au sein de la Fédération. Une visibilité immédiate et fortement accrue est un atout majeur pour un chercheur car sa crédibilité et son aura en bénéficient fortement, mais le principe de l’accès libre ne prend tout son sens que si toutes les institutions jouent également le jeu. Le rôle de la Fédération à ce titre et son volontarisme au travers d’un décret peuvent donc être exemplaires dans le monde entier et lui apporter une réputation internationale sur ce plan.

L’enthousiasme des chercheurs pour le principe du Libre Accès et pour le soutien offert par le Décret est manifeste: il s’est concrétisé dans une Lettre Ouverte aux Parlementaires réunissant déjà plus de 1700 signatures et à laquelle il est encore possible (et souhaitable) de se joindre.

The « Open Access Decree » of the Wallonia-Brussels Federation consolidates the deposit policy of the Universities.

The Belgian « Open Access » decree is not, contrary to what some people think, a novelty in itself.

Indeed, all the universities of the Wallonia-Brussels Federation now have their own digital archive and have made it mandatory to submit manuscripts written and published by their researchers, based on the model established in 2007 at the University of Liège. So why a decree?

For two reasons, essentially:

1) Because not all institutions apply the mandate with the same strength, and the result is therefore very variable, particularly because of the intimidation that some publishers place on researchers and on institutions and because of the level of conviction of the academic authorities. However, the W-B Federation wishes legitimately to own a complete inventory of the results of the works it subsidizes.

2) In addition, as a matter of principle, the Federation wishes that all these results – to the extent that authors and sponsors consider that they can be disclosed (this is the case for all publications, by definition) – are accessible without barriers to everyone, not just to those who can afford it.

The current lectronic archives in FWB:

DIAL at UCLouvain,
DIAL at USL,
Di-Fusion at ULB,
Di-UMONS at UMons,
PURE at UNamur,
– and the pioneer, ORBi at ULiège.
The main public research funder FRS-FNRS also imposes the filing in an institutional electronic archive of the publications resulting from the researches it finances.

Hence, contrary to what the publishers’ lobby is claiming, the Decree adds no additional constraint to what already exists in every university of the W-B Federation. However, it will prove itself extremely useful to raise the compulsory character one level upwards and to give it the same efficiency everywhere within the Federation. Immediate and greatly increased visibility is a major asset for a researcher because his/her credibility and aura will benefit greatly, but the principle of open access only makes sense if all institutions play the game as well. The Federation as such and its voluntarism through a decree can be exemplary worldwide and can widen its international reputation in this regard.

The enthusiasm of researchers for the principle of Open Access and for the support offered by the Decree is clear: it has materialized in an Open Letter to Parliamentarians gathering already >1700 signatures and to which it is still possible (and desirable) to join.

Dams hinder only momentarily the course of rivers

(in French: previous post / en français: article précédent)

There are essentially two points of view regarding open access to scientific publications, except for some researchers who think that the FWB’s Open Access Decree will deprive them of their academic freedom, which is not at all the case.

1) The first, supported by a large majority of the research community, is in favor of the decree as shown by >1,600 signatures in a recent open letter of support. The main role of the decree is to reassure the researchers whose Institution wishes or requires that the publications produced on its premises be freely accessible as quickly as possible, but who fear the intimidation exercised on them by their publishers. It offers them much needed legal certainty.

2) the second is carried by some publishers (in our case, the Association of Belgian Publishers, ADEB) who see in this process supported by the public authorities a threat to their business model and who practice intense lobbying against the decree.

The mode of publication is evolving. The old one, which dates well before the Internet, is becoming obsolete. As in any evolution of Society, some trades become progressively anachronistic and the salvation of those who exercise them lies in their ability to adapt, this has been seen throughout the history of humanity (see “The Complaint of the Cartwhheel Maker”, – in French – in this blog). Sooner or later, they will have to resolve it and I fully understand that they intend to delay as much as possible this unavoidable deadline. However, it must be made clear to the absent-minded reader that the decree in question applies only to research articles published in periodical journals and not to any other form of publication (books, book chapters, etc.), which makes much less significant the emotion of the ADEB for which periodical articles are far from being the main publication activity.

What is the argument against the decree? (The reader of this blog will find in my previous articles the innumerable arguments in favor of this policy!)

ADEB claims that:

– « The Decree mandates researchers to deposit in an institutional digital archive all publications resulting from their research carried out in whole or in part on public funds (upon publication or after too short periods of embargo ). « 

That’s right. But let’s be clear: this is indeed about « depositing in an institutional digital archive« . There is no obligation to do anything more than, for example, put the document in free access. To do this, there is one more thing to do: release the document so that it can be accessed immediately and without paytoll. The draft decree was amended at the request of ADEB for a closure rather than an opening by default, following a meeting in March 2017 (which, at the same time, invalidates ADEB’s assertion of a total lack of consultation!). As for the duration of the embargo, finding it too short is a matter of point of view. We understand that for publishers it always feels too short! The one advocated in the Decree is the standard term in most regulations, starting with the European Community, which already applies it to the deposit requirement for its 8th Framework Program (H2020) and will impose it on all its research programs by 2020. This duration (6/12 months) is the most generally applied and very often accepted by international scientific publishing houses.

– « the Decree may have perverse effects for the diversity of publishing knowledge and, more generally, for the knowledge society. « 

It is obviously difficult to refrain from laughing when reading this: it is as if publishers could forget that those who nurture the “knowledge society” are the researchers who 1) perform research upstream, 2) provide generously the publishers with the skill that they need (without reproach, each one his job) to do their editorial work and 3) buy the final product. It is a configuration of the production-verification-consumption chain that is unique in the world.

– « The decree misses its target, which is the big international scientific edition. « 

Certainly not. It is the goal for sure: to guard against the voracity of international, even multinational, mega-editors who ransom the scientific community shamelessly. But it is not legally possible to discriminate on the basis of the publisher’s nationality …

– « The Decree does not present any prior impact analysis in French-speaking Belgium. The open access of articles published by scientific publishers will no longer allow them to recover the cost of their investment to ensure their editorial work. « 

This is not the case with all the Known figures, which show that publishers have never done as well as in the past two decades, which happen to correspond to the period of development of Open Access. So we must admit that it is, so far, a failure in terms of savings on documentation. The savings can only begin when all institutions will apply the principle defended in this draft decree and this is one of its reasons for being… But Open Access is a success in terms of visibility of research results and dissemination of knowledge for those who follow it. Today, ‘false’ science and ‘bad’ science still dominate the Internet. It is time for ‘good’ science to compete with it.

– « The Decree is characterized by a lack of consultation with the interlocutors concerned (authors and publishers), while they share the same concerns and critical issues in relation to this project. « 

This is a glaring untruth. I personally participated in two long interviews with ADEB representatives on March 29, 2017 and March 15, 2018. Many of their demands were met, even though we found that it would deprive the decree of its innovation strength. It goes without saying that some demands were not met, because they completely distorted the spirit of the Decree to the point that it was no longer useful to have it adopted at all.

– « The Decree obliges the researcher / author to reproduce and communicate his work free of charge to the public, in violation of the applicable provisions of the Code of Economic Law, Community Law and International Treaties applicable in the field of intellectual property. It encroaches on the jurisdiction of the federal legislature (an initiative of the federal legislator on the subject is in the process of legislative process). The French Community is certainly competent for university education and related research, but the decree goes beyond the competence of the Community because the free access is valid for all and is not strictly limited to the researchers of the Community. This analysis is shared by the specialized lawyers consulted by ADEB, including Alain Berenboom. « 

It does exercise this constraint, knowing that constraint is always necessary at the beginning but that it will become less and less needed with time. However, the legal quibbles concerning the Community’s competence vis-à-vis the Federal Government, as well as the alleged violations have been ruled out by the “Conseil d’Etat”.

– « The Decree undermines the academic freedom and freedom of publication of authors / researchers by imposing an obligation on them rather than by granting them a right of filing. « 

The “Conseil d’Etat” is here too in sharp disagreement with this statement. Academic freedom has nothing to do with this, it consists of the assurance, for a university professor (and only him/her), never to be worried for the expression of his/her opinions in the presence of his/her students, as long as they do not violate the law or good morals. Moreover, if you take the trouble to read the draft decree carefully, you quickly understand that the freedom of the researcher to publish where he/she wants remains absolute and depends only on him/her. The only requirement is a deposit in the manuscript archive as it has been accepted for publication.

– « Collaterally, and ultimately, the decree will result in the disappearance of all » sustainable « traces in the Wallonia-Brussels Federation, the scientific work of our authors and scientific researchers and human sciences. « 

Certainly not. Universities are perfectly able to maintain their archive in working order, the necessary backups are operated with a luxury of precautions. To think that only private publishers can do it for sure is also laughable.

Anyway, whether we like it or not, everyone must admit that we are not stopping the course of Progress, and that it is leading today to a faster, more interactive, more flexible and more democratic dissemination of knowledge. It is up to each of the protagonists involved to adapt and evolve its operating model. The researchers are themselves determined to make this change. Any attempt to block it will confront with a very determined opposition and will sooner or later be blown away by the wind of History.

Les barrages n’entravent jamais que momentanément le cours des rivières

Il existe essentiellement deux points de vue concernant l’accès libre aux publications scientifiques, si l’on excepte celui de certains chercheurs qui pensent que le décret de la FWB sur l’Open Access va les priver de leur liberté académique, ce qui n’est pas le moins du monde le cas.

1) Le premier, porté par une grande majorité de la communauté de la recherche, est en faveur du décret. Je rappelle que le principal rôle du décret est de rassurer les chercheurs dont l’Institution souhaite ou exige que les publications produites en leur sein soient libres d’accès le plus rapidement possible, mais qui craignent l’intimidation qu’exercent sur eux leurs éditeurs. Il leur offre une sécurité juridique bien nécessaire.

2) le second est porté par certains éditeurs (dans notre cas, l’Association des Editeurs Belges, ADEB) qui voient dans ce processus soutenu par les pouvoirs publics une menace à leur modèle d’affaires et qui pratiquent un intense lobbying à l’encontre du décret.

Le mode de publication évolue. L’ancien, qui date de bien avant l’Internet, est en train de devenir désuet. Comme lors de toute évolution de la société, certains métiers deviennent progressivement anachroniques et le salut de ceux qui les exercent réside dans leur capacité de s’adapter, cela s’est vu tout au long de l’Histoire de l’humanité. Tôt ou tard, il faudra bien qu’ils s’y résolvent et je comprends parfaitement qu’ils entendent retarder le plus possible cette échéance inéluctable. Il faut toutefois préciser clairement pour le lecteur distrait que le décret en question ne s’applique qu’aux articles de recherche publiés dans des journaux périodiques et nullement à toute autre forme de publication (livre, chapitre de livre, etc), ce qui rend nettement moins significatif l’émoi de l’ADEB dont les articles sont loin d’être l’activité de publication principale.

Quelle est l’argumentation en défaveur du décret ? (Le lecteur de ce blog trouvera dans mes articles antérieurs les innombrables arguments en faveur de cette politique !)

L’ADEB pense que:

– « Le décret oblige les chercheurs à déposer dans une archive numérique institutionnelle toutes les publications issues de leurs recherches réalisées en tout ou en partie sur fonds publics (dès publication ou après des périodes d’embargo trop courtes). »

C’est exact. Mais entendons-nous bien: il s’agit ici de « déposer dans une archive numérique institutionnelle ». Il n’y a aucune obligation de faire quoi que ce soit en plus comme, par exemple, mettre le document en accès libre. Pour cela il reste une opération à accomplir: libérer le document pour qu’on puisse y accéder, immédiatement et sans barrière, de l’extérieur. L’avant-projet de décret a été amendé à la demande de l’ADEB en vue d’une fermeture par défaut plutôt qu’une ouverture par défaut, suite à une rencontre en mars 2017 (ce qui, par la même occasion, invalide l’affirmation de l’ADEB d’une absence totale de concertation !). Quant à la durée de l’embargo, qu’elle soit trop courte est une affaire de point de vue. On comprend que celui des éditeurs est qu’elle est toujours trop courte ! Celle qui est préconisée ici est la durée standard dans la plupart des réglementations, à commencer par l’Europe qui l’applique déjà à l’obligation de dépôt pour son 8e programme-cadre (H2020) et qui l’imposera pour tous ses programmes de recherche en 2020. Cette durée (6/12 mois) est la plus généralement appliquée et très souvent acceptée par les maisons internationales d’édition scientifique.

– « le dispositif risque de présenter des effets pervers pour la diversité de l’édition de savoir et, de manière plus globale, pour la société de la connaissance. »

Il est évidemment difficile de garder son sérieux face à une telle affirmation qui indique que les éditeurs feignent d’oublier que ceux qui nourrissent la société de la connaissance, ce sont les chercheurs qui 1) accomplissent la recherche en amont, 2) procurent gracieusement aux éditeurs la compétence qui leur est nécessaire (sans reproche, chacun son métier) pour faire leur travail éditorial et 3) achètent le produit final. C’est une configuration de la chaîne de production-vérification-consommation qui est unique au monde.

– « Le décret manque sa cible, qui est la grande édition scientifique internationale. »

Certainement pas. C’est effectivement l’objectif: se prémunir la voracité des méga-éditeurs internationaux, voire multinationaux, qui rançonnent la communauté scientifique de façon éhontée. Mais il n’est pas légalement envisageable d’opérer une discrimination sur base de la nationalité de l’éditeur…

– « Le décret ne présente aucune analyse d’impact préalable en Belgique francophone. La mise en accès libre des articles publiés par les éditeurs scientifiques ne leur permettra plus de récupérer le coût de leur investissement pour assurer leur travail éditorial. »

Ce n’est pas ce qu’indiquent tous les chiffres, qui montrent que les éditeurs ne se sont jamais aussi bien portés que durant les deux dernières décennies, soit la période de développement de l’Open Access. On dira donc que celui-ci est, jusqu’à maintenant, un échec en matière d’économies sur la documentation et on aura raison. Les économies ne pourront commencer que lorsque toutes les institutions appliqueront le principe défendu dans ce projet de décret et c’est bien là une de ses raisons d’être… Mais l’Open Access est une réussite en termes de visibilité des résultats de la recherche publique et de diffusion du savoir pour ceux qui l’appliquent. Aujourd’hui, la ‘fausse’ science et la ‘mauvaise’ science règnent encore en maîtres sur l’Internet. Il est temps que la ‘bonne’ science vienne lui faire concurrence.

– « Le décret est caractérisé par une absence de concertation avec les interlocuteurs concernés (auteurs et éditeurs), alors que ceux-ci partagent les mêmes préoccupations et questions critiques par rapport à ce projet. »

Voila bien une contre-vérité criante. J’ai personnellement participé à deux longues entrevues avec les représentants de l’ADEB le 29 mars 2017 et le 15 mars 2018. Plusieurs de leurs revendications ont été rencontrées, même si nous trouvions que cela allait priver le décret de sa force d’innovation. Il va de soi que certaines ne l’ont pas été car elle dénaturaient complètement l’esprit du décret au point qu’il n’etait plus utile de le faire adopter.

– « Le décret contraint le chercheur/auteur de reproduire et communiquer son œuvre gratuitement au public et ce, en violation des dispositions applicables du Code de droit économique, droit communautaire et traités internationaux applicables dans le domaine de la propriété intellectuelle. Il empiète sur la compétence du législateur fédéral (une initiative du législateur fédéral sur le sujet est en cours de processus législatif). La Communauté française est certes compétente pour l’enseignement universitaire et la recherche qui y est liée, mais le décret va au-delà de la compétence de la Communauté car le libre accès vaut pour tous et n’est pas strictement limité aux chercheurs de la Communauté. Cette analyse est partagée par les juristes spécialisés consultés par l’ADEB, dont Alain Berenboom. »

Il exerce effectivement cette contrainte, sachant qu’elle est nécessaire au départ mais qu’elle le deviendra de moins en moins avec le temps. Toutefois, les arguties juridiques concernant la compétence de la Communauté par rapport au fédéral ont certainement dû échapper à la sagacité du Conseil d’Etat dont pourtant personne ne contestera la compétence pour en évaluer le bien-fondé. Celui-ci a immédiatement balayė l’argument.

– « Le décret met à mal la liberté académique et la liberté de publication des auteurs/chercheurs en leur imposant une obligation plutôt qu’en leur accordant un droit de dépôt. »

Le Conseil d’Etat est, là également, en désaccord très net avec cette affirmation. La liberté académique n’a d’ailleurs rien à voir avec ceci, elle consiste en l’assurance, pour le professeur d’université (et seulement lui), de ne jamais être inquiété pour l’expression de ses opinions en présence de ses étudiants, pour autant qu’elles ne violent ni la loi ni les bonnes mœurs. Par ailleurs, si on prend la peine de bien lire le projet de décret, on comprend vite que la liberté du chercheur de publier où il veut reste absolue et ne dépend que de lui. La seule obligation est un dépôt dans l’archive du manuscrit tel qu’accepté pour publication.

– « Collatéralement, et à terme, le décret entraînera la disparition de toute trace « durable » en Fédération Wallonie-Bruxelles, du travail scientifique de nos auteurs et chercheurs scientifiques et de sciences humaines. »

Certainement pas. Les universités sont parfaitement capables de maintenir leur archive en état de fonctionnement, les sauvegardes nécessaires sont opérées avec un luxe de précautions. Considérer que seuls les éditeurs privés en sont capables à coup sûr est également risible.

Quoi qu’il en soit, qu’on aime ou non, chacun doit bien admettre qu’on n’arrête pas le cours du progrès, et qu’il conduit aujourd’hui à une forme plus rapide, plus interactive, plus souple et plus démocratique de diffusion du savoir. Il appartient à chacun des protagonistes impliqués d’adapter et de faire évoluer son modèle de fonctionnement. Les chercheurs sont, eux, bien décidés à opérer cette évolution. Toute tentative de blocage trouvera en face d’elle une opposition très déterminée et sera, tôt ou tard, balayée par le vent de l’Histoire.

Bottom-up !

Mots-clés

Personnellement, c’est pour moi une immense satisfaction, après avoir lancé ce qu’on appelle aujourd’hui mondialement le ‘Liège Model’ de manière essentiellement ‘top-down’, de voir que les chercheurs sont devenus des ‘fans’ convaincus de l’outil, l’utilisent magnifiquement et exhortent tous leurs collègues à l’utiliser.

En effet, l’Open Access n’a de sens que si tout le monde le pratique. C’est un acte de générosité et de partage caractéristique des fondements de la Science qui doit être unanime. Une législation claire a pour objectif de rassurer les chercheurs eux-mêmes face aux pressions diverses et aux intimidations commerciales ou hiérarchiques qui s’exercent sur eux, tout en permettant la promotion la plus large de leurs travaux.

En outre, sans y parvenir immédiatement, cette législation pave néanmoins le chemin vers des méthodes d’évaluation de la recherche et des chercheurs bien plus justes et plus objectives que les jugements rapides basés sur le prestige et les ouï-dire en usage actuellement.

Où et qui que vous soyez, si vous partagez cette vision, n’hésitez pas à signer la lettre ouverte ci-jointe des chercheurs aux parlementaires en faveur du décret qui les oblige à déposer leurs publications en accès ouvert chaque fois que c’est possible mais qui impose également une limite raisonnable à l’embargo qu’exigent les éditeurs sur l’ouverture des articles au public.

https://sites.google.com/view/open-access-fwb/accueil

A snapshot of the Open Access routes

There is a lot of confusion as to the various ways of complying with what is – fortunately – becoming the rule in many countries: the free availability of the results of research performed with public funds. Indeed, there are different ways to achieve this goal.
Here is an elementary and necessarily incomplete comparative table of the merits and drawbacks of the various formulas in the current landscape of scholarly publishing. It is just a modest attempt at clarification for non-experts that can serve as a basis for something more elaborate later.

[Click on table to see it full screen.]

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