Le « décret Open Access » de la Fédération Wallonie-Bruxelles consolide la politique de dépôt en archive des universités.

[English version here]

Le décret “Open Access” francophone belge n’est pas, contrairement à ce que pensent certains, une nouveauté en soi.

En effet, toutes les universités de la Fédération disposent aujourd’hui de leur propre archive numérique et elles ont rendu obligatoire le dépôt des manuscrits rédigés et publiés par leurs chercheurs, sur la base du modèle établi dès 2007 à l’Universite de Liège. Alors pourquoi un décret ?

Pour deux raisons, essentiellement.

1) Parce que toutes les institutions n’appliquent pas l’obligation avec la même force et le résultat est donc très variable, particulièrement en raison de l’intimidation que font peser certains éditeurs sur les chercheurs et sur les institutions et en raison du degré de conviction des autorités académiques. Or la Fédération W-B souhaite légitimement disposer d’un inventaire complet des résultats des travaux qu’elle subsidié.

2) En outre, par principe, elle souhaite que tous ces résultats, dans la mesure où les auteurs et les commanditaires considèrent qu’ils peuvent être divulgués (c’est le cas pour toutes les publications, par définition), soient accessibles sans barrières à tout un chacun, et non pas seulement à ceux qui en ont les moyens.

Les archives électroniques en FWB:

DIAL à l’UCLouvain
DIAL à l’UStLouis
Di-Fusion à l’ULB
Di-UMONS à l’UMons
PURE à l’UNamur
– et le pionnier, ORBi à l’ULiège
Le FRS-FNRS impose également le dépôt en archive électronique institutionnelle des publications résultant des recherches qu’il finance.

Contrairement à ce que prétend le lobby des éditeurs, le décret n’apporte aucune contrainte supplémentaire par rapport à ce qui existe déjà partout en Fédération Wallonie-Bruxelles. Toutefois, son extrême utilité est d’élever d’un niveau le caractère obligatoire de la mesure et de lui donner la même efficacité partout au sein de la Fédération. Une visibilité immédiate et fortement accrue est un atout majeur pour un chercheur car sa crédibilité et son aura en bénéficient fortement, mais le principe de l’accès libre ne prend tout son sens que si toutes les institutions jouent également le jeu. Le rôle de la Fédération à ce titre et son volontarisme au travers d’un décret peuvent donc être exemplaires dans le monde entier et lui apporter une réputation internationale sur ce plan.

L’enthousiasme des chercheurs pour le principe du Libre Accès et pour le soutien offert par le Décret est manifeste: il s’est concrétisé dans une Lettre Ouverte aux Parlementaires réunissant déjà plus de 1700 signatures et à laquelle il est encore possible (et souhaitable) de se joindre.

3 commentaires sur “Le « décret Open Access » de la Fédération Wallonie-Bruxelles consolide la politique de dépôt en archive des universités.

  1. Simone Jérôme

    Le lobby des éditeurs, mais lequel ? S’il s’agit des éditeurs dont l’activité principale est basée en Belgique, et singulièrement dans la Fédération Wallonie-Bruxelles visée par le décret, ils se mêlent d’un problème qui les regardent peu, car la part des articles qui passent par eux est infime (droit, histoire…) et leur rapporte probablement peu, l’essentiel de leur activité portant sur des monographies. La majorité des articles publiés dans les domaines qui fournissent aux éditeurs les rentes les plus confortables (sciences exactes, médecine…), vont vers des journaux appartenant à de grosses multinationales, en nombre de plus en plus restreint d’ailleurs. Ces firmes ont profité pendant longtemps du peu d’intérêt des autorités académiques et des chercheurs pour ces questions économiques pour mettre au point un système qui garantissait leurs revenus pour un minimum de service. Au tournant des années 2000, l’abonnement à 4 revues de chimie (je ne dirai pas lesquelles car pour le harcèlement, j’ai déjà donné), qui garniraient tout au plus 2 ou 3 mètres de rayonnages, se payait le prix d’une voiture de luxe. Si depuis, le format numérique a remplacé le papier, le bénéfice n’en est que plus substantiel. Et le fait d’inclure les revues les plus demandées dans des consortiums est un leurre parfait car il permet, en noyant les indispensables dans une grande quantité de titres alléchants sans aucun intérêt scientifique avéré, d’augmenter encore les bénéfices.

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      1. Simone Jérôme

        Désolée. J’étais absente lors de cette parution. La défense est très bien argumentée. Il faut se méfier des procéduriers de l’ADEB dont l’influence avait été pernicieuse lors de la révision de la loi sur le droit d’auteur dans les années 90.

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