Lockdown

Le simple bon sens laisse penser que, lors d’une épidémie réputée dangereuse, des mesures sanitaires strictes allant jusqu’au lockdown sont efficaces et incontournables, quel qu’en soit le prix. Des travaux publiés dès 2020 montraient l’impact significatif des mesures de confinement strictes sur la vitesse de propagation du coronavirus SARS-CoV-2.

De nombreux débats ont eu lieu sur la manière d’appliquer un lockdown sensé et responsable de la part d’un gouvernement qui définit clairement le périmètre de telles mesures et des critères de leur limitation dans la durée. Ces débats envisageaient les divers impacts sur les activités humaines, sur la mobilité en général et en particulier l’impact catastrophique sur la vie – ‘en pandémie’ et par après – des enfants et des adolescents.

Les auteurs d’un article publié en décembre 2021 ont calculé l’efficacité des mesures de contrôle, à partir des données quotidiennes sur les cas, pour 92 pays, états ou provinces. Ils ont comparé ce paramètre, ainsi que la mortalité, pendant et après la période de lockdown, pour les pays avec et sans mesures de confinement.
Ils n’ont pas trouvé de différence statistiquement significative d’efficacité ni de mortalité entre les pays avec et les pays sans lockdown pendant la période où il était en application. Ils ont, par contre, trouvé une différence significative après le lockdown : une mortalité plus élevée pour les pays qui l’ont appliqué (probablement en raison du déficit des soins hospitaliers pour toutes les autres pathologies graves).
La conclusion est que « les mesures de lockdown ne sont pas supérieures aux mesures souples, qui sont, elles, plus avantageuses en termes économiques » ainsi qu’en termes de santé publique.

A méditer avant de songer à rétablir des réglementations basées exclusivement sur les freins à la propagation virale, au mépris des nombreuses conséquences délétères de ces mesures elles-mêmes, et surtout avant de connaître précisément la sévérité du variant incriminé, condition indispensable pour la mesure objective de la balance bénéfice/risque.

5 commentaires sur “Lockdown

  1. Marie de Croÿ

    Bonjour,
    Le Dr Zizi, dans une de ses vidéos, disait pourtant qu’on n’avait jamais confiné les bien portants dans toute l’histoire de la médecine. Qu’en pensez vous?
    Merci!

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    1. On a toujours isolé les malades et non la population entière, et les résultats restaient très partiels [https://www.cairn.info/revue-annales-de-demographie-historique-2017-2-page-125.htm]. On peut rappeler que l’une des premières mesures mises en œuvre pour lutter contre une vaste épidémie remonte au 6e siècle de notre ère lorsque l’empereur Justinien a imposé à Constantinople l’isolement des voyageurs et des denrées alimentaires en provenance d’Afrique du Nord, touchée par une terrible épidémie de peste. Il n’a donc pas imposé de ‘lockdown’ mais interdit l’accès de la ville à des voyageurs spécifiques pour bloquer une voie d’entrée de la contamination [https://www.institutmontaigne.org/en/blog/past-virus-containing-pandemics-throughout-history].
      Lors de la peste bubonique du XIVe siècle, dite peste noire, on a mis au point un système de quarantaines, selon lequel on envoyait les contaminés dans des petites îles isolées, dans des bâtiments fermés ou dans des navires au mouillage et on instaura des cordons sanitaires, des opérations de fumigation et de désinfection. La liberté de circulation n’était accordée qu’à ceux qui obtenaient « un certificat sanitaire » des autorités. Il semble qu’on soit retourné vers ces mesures à l’occasion du Covid-19. Ces mesures, bien qu’avec quelques adaptations, ont également été mises en place lors de l’épidémie de fièvre jaune aux États-Unis à la fin du 18e siècle et des épidémies de choléra en Europe dans la première moitié du 19e siècle.
      Des ‘lockdowns’ ont été tentés lors de la pandémie de grippe dite espagnole de 1918, sans grand succès [https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC7569644/]. Dans l’Histoire, il est arrivé qu’on ferme momentanément une ville entière mais les nécessités d’approvisionnement ont rendu ces fermetures rapidement intenables. Les ‘lockdowns’ de communautés entières ne peuvent cependant être efficaces que si les liens vers l’extérieur des communautés isolées sont pratiquement verrouillés [https://iopscience.iop.org/article/10.1088/1367-2630/abf459/meta].

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      1. Marie de Croÿ

        Merci pour ces infos très complètes et très intéressantes!

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  2. Svetlana Roudyk

    « le confinement a accéléré la propagation de l’épidémie, le masque a produit plus de problèmes respiratoires qu’il n’en a résolu; l’injection génique a probablement engendré des variants »,
    Ariane BILHERAN, Vincent PAVAN, « Le débat interdit. Langage, covid et totalitarisme. »
    éditeur Guy Trédaniel, p.-324-327

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  3. Sébastien

    En plus, contrairement à la vidéo d’un mathématicien liégeois , qui explique que le confinement a permis d’aplatir la courbe, mais c’est FAUX, votre comité a justement mis en évidence que l’inflexion de la courbe commençait déjà avant la mise en place des mesures dites sanitaires……..J’ai écouté 10 minutes de cette vidéo, j’ai pas eu le courage d’écouter la suite, tant que ce qui était dit était d’une nullité abyssale, je vous la ferai écouter si vous voulez…

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