Vacciner les enfants et les adolescents en période de COVID-21 ?

Je me suis exprimé à plusieurs reprises sur l’insuffisance d’Open Data concernant les vaccinations anti-COVID-19 (cela n’a guère évolué depuis décembre 2020), ainsi que sur l’imprudence de la vaccination des enfants, des adolescents et même des jeunes adultes, trop peu affectés par le virus pour justifier la prise de risque de la vaccination, dans ce blog comme dans celui du colllectif académique CovidRationnel.

Il n’en a pas été tenu compte, soit. Malgré de nombreux appels à la prudence, la ruée sur la vaccination des ados et des jeunes adultes a eu lieu et elle se prolonge par une incitation vigoureuse à la prise du « booster », sans compter la campagne actuelle pour la vaccination des <5 ans.

Je ne reviens donc pas ici une fois encore sur les nombreux arguments contre la vaccination anti-COVID-19 des jeunes et la répétition de ces injections. Je me contenterai de signaler un article récent (du 11 février 2022) publié dans le « Journal of the American Medical Association » (JAMA) et qui nous donne un bilan basé sur des rapports de surveillance passive aux États-Unis portant sur la période de décembre 2020 à août 2021, montrant que le risque de myocardite après l’administration de vaccins anti-COVID-19 à ARN messager a augmenté dans plusieurs catégories d’âge et de sexe.

Le rapport concerne 192.405.448 personnes vaccinées. 1.991 cas de myocardite ont été signalés au VAERS (le système américain de déclaration des effets indésirables constatés après une vaccination) et 1.626 d’entre eux correspondaient à la définition de cas de myocardite, soit 8,45 par million de personnes. Parmi ces cas, l’âge médian était de 21 ans (IQR, 16-31 ans) et le délai médian d’apparition des symptômes était de 2 jours après la vaccination (IQR, 1-3 jours). Les hommes représentaient 82 % des cas pour lesquels le sexe était déclaré. Les taux bruts de déclaration des cas dans les 7 jours suivant la vaccination par COVID-19 ont dépassé les taux attendus de myocardite dans plusieurs catégories d’âge et de sexe.

Les taux de myocardite étaient les plus élevés après la deuxième dose chez les adolescents mâles âgés de 12 à 15 ans (70,7 par million de doses [1] du vaccin Pfizer), chez les adolescents de sexe masculin âgés de 16 à 17 ans (105,9 par million de doses du vaccin Pfizer) et chez les jeunes hommes âgés de 18 à 24 ans (52,4 et 56,3 par million de doses du vaccin Pfizer et du vaccin Moderna, respectivement). Il y a eu 826 cas de myocardite chez les personnes âgées de moins de 30 ans pour lesquelles des informations cliniques détaillées étaient disponibles.

Les auteurs précisent que ces épisodes de myocardites se soignent bien et n’entraînent que rarement des décès ou des séquelles à moyen/long terme. Nul ne peut toutefois nier que les affirmations concernant le long terme ne sont vérifiables qu’à long terme…

Une grande prudence doit donc être de mise — comme elle l’est pour tous les actes médicaux — et, on l’a déjà souvent clamé, le principe de précaution doit s’appliquer, en regard de la gravité potentielle de la maladie pour la tranche d’âge concernée. Or actuellement, la dominance rapide du variant Omicron depuis décembre 2021 a changé la donne. L’épidémie n’est plus la même et son profil est devenu si différent de la COVID-19 qu’elle mérite d’être appelée COVID-21 [2] afin que chacun se rende compte qu’on ne parle plus du tout de la même chose. Outre ce changement de profil pathognomonique, on constate également chez Omicron une capacité d’échappement immunitaire qui rend de moins en moins justifiable la prise de risque du vaccin des enfants par rapport à la COVID-21.


[1]: On parle ici du nombre de doses. Le calcul par nombre de personnes doit donc pratiquement être doublé.

[2] Cette proposition avait déjà été avancée par le Premier Ministre en novembre dernier pour caractériser la maladie occasionnée par le variant Delta. Elle est beaucoup plus justifiée encore pour caractériser la forme actuelle.

6 commentaires sur “Vacciner les enfants et les adolescents en période de COVID-21 ?

  1. Jean-Louis Lamboray

    Covid-21: Géniale l’idée de rebaptiser le syndrome provoqué par Omicron.

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  2. mcmolle

    Bonjour Mr Rentier, J’apprécie votre article et souhaiterais le partager sur ma page fb, via un copié/collé et en citant mes sources.Comme je ne le vois pas sur votre page fb ni sur Covidrationnel, j’hésite à le faire… M’autorisez-vous à le faire ?

    Bien cordialement,

    Marie-Chantal Molle Conseillère en Fleurs de Bach EnergéticienneGuide-naturehttp://www.nature-bien-etre.be/ 0473/32.38.60

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    1. Oui, il est sur ma « page » FB et sur LinkedIn. Et quand il est ici sur mon blog, tout le monde peut forwarder le lien 😊

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  3. Arno

    Bonjour Pr Rentier,

    Depuis environ une semaine, il est relayé dans la presse (au départ étrangère et aujourd’hui également au niveau de la presse belge : https://www.lesoir.be/437073/article/2022-04-20/une-mysterieuse-hepatite-frappe-les-enfants-steven-van-gucht-sattend-des-cas-en) des cas d’hépatites infantiles d’origine inconnue.

    Ma question est donc la suivante : à votre connaissance cela peut-il être dû à la vaccination anti-covid ? des études auraient-elles été déjà publiées en ce sens ou seraient-elles en cours ?

    Après une rapide recherche sur le net (ayant moi-même des enfants, le sujet me préoccupe), je suis tombé sur cette page où il est fait mention de cas d’hépatite survenus après vaccination (je ne dresse pas ici une relation de cause-conséquence mais je pense que l’hypothèse ne devrait pas être d’emblée écartée.

    En vous remerciant pour votre éventuelle réponse,

    Bien à vous.

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    1. A l’heure actuelle, je n’ai vu des articles scientifiques sur le sujet que dans le cadre du covid lui-même car il s’agit d’un processus infectieux, probablement viral et dont le SARS-CoV-2 pourrait être un responsable potentiel, tout comme des adénovirus ou beaucoup d’autres virus d’ailleurs. Pour rappel, un des plus anciens coronavirus connus est le virus de l’hépatite de la souris (MHV). Mais on peut difficilement mettre les vaccins anti-Covid en cause puisqu’il ne s’agit pas de virus entiers (comme c’est le cas pour les vaccins à virus vivant atténué), qui pourraient être responsables d’une infection. Les vaccins actuels ne comportent qu’une seule protéine du virus et ne disposent pas de tout le potentiel infectieux.

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