Le Covid Safe Ticket, objectif ? nécessaire ? proportionné ?

Ce 7 janvier, la Cour d’Appel de Liège a débouté l’association “Notre Bon Droit” qui avait attaqué l’application du Covid Safe Ticket (CST), le passeport sanitaire belge par la Région wallonne, le tribunal de première instance de Namur ayant, le 30 novembre dernier, constaté l’illégalité apparente de son usage.

La cour d’appel a estimé que la décision d’imposer le CST était « objective, nécessaire et proportionnée« .

Cette décision est pour le moins étonnante car la décision d’appliquer cette procédure n’est en réalité ni objective (il est facile de comprendre qu’être vacciné n’empêche pas de transmettre le virus, voilà au moins quelque chose qui fait consensus, même si certains arguent – sans données convaincantes – que la contagiosité pourrait être de plus courte durée chez les vaccinés), ni nécessaire a fortiori car d’autres moyens assurent cet objectif (tests pour tout le monde), ni proportionnée car le CST non seulement n’est pas «safe» mais il induit au contraire des comportements favorisant la transmission de l’épidémie… C’est élémentaire, tout le monde peut comprendre cela !

Si, comme l’admet le ministre fédéral de la santé lui-même, l’objectif n’est pas tant d’assurer la prévention de la transmission dans les regroupements que d’inciter de façon musclée à la vaccination, sans toutefois endosser la responsabilité de la rendre officiellement obligatoire, alors le CST est parfaitement objectif et proportionné. Il faut juste parvenir à démontrer qu’il est nécessaire.


Lire également le commentaire d’Elisabeth Paul sur Facebook et la carte blanche de Nicolas Thirion dans Le Soir.

7 commentaires sur “Le Covid Safe Ticket, objectif ? nécessaire ? proportionné ?

  1. Bon, subtil et « to the point » comme de coutume ! Mais peut-être trop subtil pour « les princes qui nous gouvernent ».

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  2. Svetlana Roudyk

    Pourquoi espérer trouver une logique, une légitimité et une scientificité dans la gestion de l’épidémie de covid-19. Aurait-t-on oublié la signification du mot « ARBITRAIRE »?

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  3. Arnaud

    Bonsoir Pr Rentier,

    Parmi les arguments mis en avant dans la presse à plusieurs reprises et encore à ce jour pour motiver les citoyens à se vacciner, celui de la saturation des lits principalement par les personnes non-vaccinées m’invite à vous adresser quelques questions et éventuellement obtenir un éclaircissement :

    1) Pour l’ensemble des hôpitaux belges, à votre connaissance les données suivantes sont elles disponibles : nombre total de lits de réanimation, nombre de lits occupés par des personnes non-vaccinées (aucune dose), nombre de lits occupés par des personnes vaccinées (incomplets et complets) ?

    2) A plusieurs reprises j’ai pu lire que les non-vaccinés étaient sur-représentés en réanimation (quand l’on prend en compte le fait qu’ils ne représentent plus qu’une faible part de la population). Or, pour un nombre de lits fixes, dans les hôpitaux où ces lits seraient majoritairement occupés par des personnes vaccinées, est-il juste de désigner comme boucs émissaires et « coupables » (ce que je ne fais ni vis-à-vis des uns ni vis-à-vis des autres puisqu’à mon sens un hôpital soigne) les non-vaccinés du simple fait qu’ils soient sur-représentés (même dans le cas où ils occuperaient moins de lits) ?

    3) A votre connaissance, le détail du pourcentage d’occupation des lits de réanimation en fonction du statut (non-vacciné strict, vacciné 1 dose donc incomplet, vacciné 2 doses donc incomplet, vacciné 3 doses donc complet) est-il disponible et consultable en libre accès ? Ne serait-il pas intéressant de rendre ces données accessibles au public et montrer quel(s) groupe(s) est/sont sur-représentés ? Quels seraient les raisons techniques qui empêcheraient ce type d’analyse ?

    4) Lorsque l’on compare les caractéristiques des 4 groupes mentionnés ci-dessus qui sont en réanimation, à votre connaissance peut-on relever des différences (âge, sexe, comorbidités différentes) ou bien ces groupes présentent-ils globalement les mêmes caractéristiques) ?

    5) Scientifiquement, est-il juste, au niveau individuel, d’affirmer que si une personne X non-vaccinée décédée des suites du COVID avait été vaccinée elle ne serait pas morte ? Je peux me tromper, mais je trouve cette affirmation, que j’entends souvent, excessive.

    En vous remerciant pour votre travail,

    Bonne soirée,

    Bien à vous.

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    1. 1) Le nombre total est connu. Les données amalgament dans la catégorie « non-vaccinés » les personnes qui n’ont reçu aucune vaccination anti-COVID-19 et celles qui ont reçu une dose du vaccin de Johnson & Johnson depuis moins de 14 jours ainsi que celles qui ont reçu deux doses des autres vaccins disponibles depuis moins de 14 jours. Seuls les « complètement vaccinés depuis 14 jours entrent dans la catégorie « vaccinés ».
      2) Certainement pas et cette responsabilisation est inacceptable. Si l’incidence des hospitalisations (la probabilité d’être hospitalisé pour COVID-19) est plus élevée chez les non-vaccinés, cette catégorie est devenue minoritaire dans notre pays et donc le nombre absolu de lits d’hospitalisation occupé par des vaccinés est du même ordre. Voir https://covid-19.sciensano.be/sites/default/files/Covid19/COVID-19_Weekly_report_FR.pdf page 28 pour les contaminations, page 29 pour les hospitalisations et page 30 pour les admissions aux soins intensifs, à droite l’incidence, à gauche le nombre absolu.
      3) Non, il n’est pas disponible au public. Il devrait l’être. Aucune raison technique ne l’en empêche.
      4) La caractéristique commune la plus largement partagée est la présence de comorbidité(s). Et, évidemment l’age.
      5) Le consensus actuel est que la vaccination diminue la probabilité d’atteinte grave et de décès.

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  4. Enrico Filippi

    Cher Monsieur Rentier, merci pour la qualité de vos analyses et pour la clarté de votre communication.
    Je viens vers vous avec une question qui est trop rarement abordée à savoir le cas des personnes guéries du COVID et qui devraient logiquement bénéficier d’une protection bien meilleure que celle qui est induite par les vaccins ARN messager ou à vecteur viral. J’ai interpellé des professionnels de la santé à ce sujet mais sans obtenir de réponse satisfaisante, certains affirmant même que la protection vaccinale est meilleure. Difficile à croire d’autant que je doute de notre capacité à mesurer l’immunité compte tenu de l’état actuel des connaissances (mais ceci est un autre sujet). Cordialement.

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    1. Je partage votre perplexité. Mais il y a des nouvelles toutes récentes qui sont encourageantes (https://www.medrxiv.org/content/10.1101/2021.12.27.21268439v1).

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      1. Enrico Filippi

        … et merci aussi pour votre engagement qui n’est certes pas facile à assumer.

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