Hyperconfiance

[Cette réflexion ne vise nullement à déconseiller une vaccination largement promue par nos autorités. Elle vise simplement à contribuer à fournir l’éclairage que requiert, par définition, un consentement éclairé et à contester des affirmations qui ont très certainement été faites avec les meilleures intentions. Mais ces intentions, pour louables qu’elles soient, ne peuvent justifier des déclarations excessives par rapport à ce qu’on connaît réellement, affirmées au nom de la science.]

Aujourd’hui, il n’est plus permis de montrer un quelconque doute quant à une solution technologique encore en cours d’expérimentation. C’est une grande première.

«Mais si, Monsieur, d’ailleurs Pasteur lui-même (en réalité le Dr. Granchet) a su prendre un énorme risque en vaccinant un jeune garçon, Joseph Meister, mordu par un chien enragé, avec un produit jamais expérimenté auparavant».

Mais voilà, cela n’a rien à voir : 1) le risque a été pris sur une personne, pas des millions; 2) le garçon était condamné si on ne faisait rien, la mort était inéluctable; 3) la vaccination était unique dans son concept: la vaccination anti-rabique est post-infectieuse. Elle ne fonctionne qu’en raison d’une caractéristique particulière de l’infection par le virus de la rage : la lenteur de sa progression chez la personne contaminée, le délai post-morsure pour les manifestations pathologiques étant plus plus long que le celui de la production d’anticorps.

Par contre, il est maintenant permis d’afficher publiquement une confiance illimitée en des technologies nouvelles mais largement protégées par le secret industriel et commercial.

Un petit ‘fact checking’ sur cet article :

«Les différentes études réalisées ne rapportent aucun problème de fertilité concernant les personnes ayant été vaccinées». Je ne suis pas convaincu qu’il existe un réel danger à ce niveau mais le délai semble un peu court pour se montrer aussi péremptoire. Personnellement, je ne prendrais pas le pari.

«Il n’y a pas d’adjuvant pour les vaccins ARN. Les adjuvants, on les retrouve uniquement dans les vaccins qui ont une protéine». Effectivement, il n’y a pas d’adjuvant si on s’en tient au sens strict du terme. Il y a néanmoins des substances favorisant l’endocytose (introduction dans les cellules) du «vaccin», ou plus exactement de l’information génétique qui amènera nos cellules à fabriquer le vaccin.

«Même si les soignants ne souffrent pas forcément du Covid, ils peuvent tout de même le transmettre à des personnes moins protégées». Personne ne nie aujourd’hui que les vaccinés, s’ils sont apparemment protégés contre les formes graves, peuvent quand même être infectés par le virus et le transmettre… on ne peut donc, dans l’état actuel des connaissances, prétendre que la vaccination du personnel soignant élimine tout risque de propagation.

«Nous avons une quantité phénoménale de données qui nous prouvent qu’il s’agit bien des vaccins les plus sûrs de l’Histoire». Voilà une affirmation péremptoire à laquelle il manque incontestablement le recul historique ! J’espère que c’est vrai mais nous ne disposons que d’observations à court terme.

En science, le scepticisme n’est pas un défaut. C’est une qualité indispensable.

15 commentaires sur “Hyperconfiance

  1. Ariane Meersschaert

    Merci de tout cœur pour votre persévérance à faire circuler la « vraie » science…

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  2. Votre post contient des erreurs. Le vaccin ne protège en rien des formes graves, il y a en réanimation la même proportion de gens vaccinés non vaccinés que dans la population. Voyez les posts de votre confrère a lHU. Si on réniforme les gens, on se doit d’avoir tout vérifié c est pour cela que je me permets de vous envoyer ce correctif. Au fait cela est aussi mentionné sur les documents de PfIZER (voir wikileaks).

    Bien à vous

    Laurence Fanuel Ph.D Perfumer, Painter and Multi-media Artist In the heart of Grasse

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    1. Je regrette, chère Madame, mais la littérature scientifique est remplie de contradictions, que ce soit sur le virus lui-même, la pandémie, ou la vaccination et ce n’est pas parce que quelqu’un a dit quelque chose que c’est la vérité. Ni pour moi, ni pour personne.
      Ensuite je n’ai pas dit que le vaccin ne protéger en rien des formes graves, vous déformer mon propos. J’ai dit que « les vaccinés, s’ils sont apparemment protégés contre les formes graves, peuvent quand même être infectés par le virus et le transmettre ». C’est en tout cas ce que nous disent les autorités de santé, en France comme en Belgique. C’est à dessein que j’ai utilisé le terme « apparemment ». J’ai effectivement, comme vous, des informations émanant de grands hôpitaux belges qui indiquent qu’il y a une importante proportion de vaccinés parmi les nouveaux hospitalisés ‘COVID’. Et toutefois, ne disposant pas de statistiques précises et fiables, je m’abstiens de présenter ceci comme une réalité. Les posts de mes confrères n’ont évidemment pas la solidité d’articles scientifiques revus par les pairs. Nous pouvons tous avoir notre opinion et la baser sur les références que nous jugeons fiables mais il faut rester prudent dans les affirmations que l’on fait.

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      1. Stradiot Alain

        Je comprends votre position mais je ne suis pas certain du tout que les autorités sanitaires auront votre prudence dans leurs affirmations. Donc la question est : étant donné que le consensus scientifique semble loin d’être établi, comment pourrons-nous faire confiance aux décisions politiques qui seront prises sous la houlette des autorités sanitaires ?

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      2. Bonne question. Je suppose que les avis comme le mien ne seront pas pris en compte, étant donné la puissance de la nouvelle doxa et le désir de tout le monde d’en finir. Et nous entrerons dans l’ère des vaccins répétitifs pour tout et n’importe quoi, vu la facilité nouvelle de les développer. Peut-être un jour se posera-t’on enfin la question de savoir si c’était judicieux. Ou peut-être que non… Peut-être ma prudence s’avérera-t’elle excessive et inutile, ou peut-être que non. On verra, c’est tout ce qu’on peut encore dire.

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  3. Jean-Philippe Crutzen

    Merci pour votre point de vue éclairé.

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  4. Peeters Marie

    Quel plaisir de lire des paroles sages et pleines de bon sens . Merci Professeur .

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  5. Verté Patrick

    Bonjour. Deux questions. Au sujet du risque d’apparition de variant résistant aux vaccins, quels sont les éléments qui plaident pour un risque d’apparition de telles résistances chez les personnes non vaccinées plus que chez les vaccinées ? Si on a deux populations, une à laquelle on administre un antibiotique, un vaccin, un antiparasitaire… et pas à la seconde, seule la première population risque de voir une résistance au traitement apparaitre, non ? Quel serait l’avantage évolutif de la résistance à un traitement pour une population non traitée ? En élevage, ne pas traiter la totalité des animaux d’un lot est recommandé comme stratégie pour éviter l’apparition de résistance à des antiparasitaires par exemple. Seconde question. En me documentant sur la stratégie vaccinale utilisée pour la variole, j’ai été surpris de lire ceci sur la page wikipedia: « La stratégie initiale, prévue pour l’éradication dans les pays du Tiers-Monde, estimait qu’un taux de vaccination de 80 % au moins (seuil de l’immunité grégaire) était nécessaire pour éradiquer le virus81. La campagne de vaccination se révèle ardue à mettre en œuvre81.

    Le rapport final de la Commission mondiale pour la certification de l’éradication de l’OMS note :

    « Les campagnes d’éradication reposant entièrement ou essentiellement sur la vaccination de masse furent couronnées de succès dans quelques pays mais échouèrent dans la plupart des cas. […] En Inde, cinq ans après une campagne nationale d’éradication entreprise en 1962 (55 595 cas), le nombre de notifications était plus grand (84 902 cas) qu’il ne l’avait jamais été depuis 1958. Il eût été extrêmement coûteux et logistiquement difficile, sinon impossible, d’atteindre des niveaux beaucoup plus élevés de couverture. Avec les moyens disponibles, il fallait absolument changer de stratégie82. »

    L’OMS change alors de stratégie en 1967, mettant en œuvre la « stratégie de surveillance et d’endiguement », qui consiste à isoler les cas et à vacciner tous ceux qui vivaient aux alentours de foyers d’épidémie ».

    Est ce que les deux maladies sont comparables ? Pourquoi dans le cas du covid l’existence de personnes non vaccinées serait un problème pour les personnes vaccinées, alors que cela n’a visiblement pas été le cas pour la variole ?

    Merci

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    1. Bonjour ! Tout un programme !
      Première question : je ne sais pas ce que vous appelez « l’apparition de celle de telles substances ». Mais si je comprends bien votre question, je dirais qu’on ne peut pas comparer la résistance des bactéries aux antibiotiques avec la résistance éventuelle des virus contre l’immunité vaccinale. Ce n’est pas vraiment la même chose. En effet, les antibiotiques apparaissent rarement spontanément, ils sont introduits chez le patient artificiellement. Les vaccins sont également artificiels mais ils mimiquent la réponse immunitaire chez ceux qui le reçoivent, comme si c’était le virus lui-même.
      La réponse immunitaire se produit donc suite à la rencontre avec un virus ou suite à la rencontre avec un vaccin. Dans les deux cas, la capacité d’un virus d’échapper à la surveillance immunitaire est en principe, la même. Toutefois, aujourd’hui, avec le SARS-CoV-2, il existe une différence importante entre le virus et les vaccins administrés actuellement : le virus déclenche une réponse immunitaire contre l’ensemble des protéines qui le composent, alors que le vaccin provoque une réponse contre une seule des protéines du virus.

      C’est ici, que les théories se contredisent : soit la vaccination massive de toute la population élimine le virus tout en ne laissant pas de variants se créer(c’est le but officiellement déclaré), soit elle est tellement ciblée qu’elle ouvre la possibilité à une infection par le virus sauvage chez des vaccinés (dans quelle proportion…?) qu’on appelle un ‘breakthrough’ et à l’apparition de nouveaux variants.

      L’évolution inquiétante de nouveaux cas d’infection dans des populations largement vaccinées, comme en Grande-Bretagne par exemple, ou l’évolution apparemment favorable dans des pays où l’immunisation naturelle s’est développée, comme en Inde, semble en faveur de la deuxième théorie. Mais il est encore un peu tôt pour vérifier tout cela à l’échelle mondiale…

      Seconde question : il ne faut absolument pas comparer la variole et la COVID-19. Les virus sont terriblement différents, comme leur mode de transmission, leur pathologie et l’immunité qu’ils suscitent. On est réellement dans deux mondes différents. Impossible de transférer les conclusions des deux campagnes vaccinales comme si c’était comparable.
      La variole est reconnue éradiquée depuis 1980 (dernier cas observé en 1978). Mais le virus est exclusivement humain, il n’a pas de réservoir animal, et il ne se transmet pas par voie aérienne mais par contact direct et il n’y a pas de personne qui soit infectée et asymptomatique.
      Au prix d’un effort colossal et mondial, l’éradication a été possible. Pour un coronavirus, il existe tellement de possibilités d’échange inter-espèces que même une vaccination universelle n’y parviendrait pas.

      Toute la question est donc de savoir si l’immunité naturellement acquise par la rencontre avec le virus sauvage immunise mieux la population que les différents vaccins. Le dogme actuel est que l’immunité naturelle est moins bonne que la vaccinale. Ce n’est pas impossible mais ce serait un cas unique dans l’histoire de la virologie.

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  6. GLAUDE Jacques

    « J’adore » particulièrement tous ces débats qui ne génèrent aucune voie pertinente permettant au citoyen lambda d’user de son droit personnel de décision. Oui, la Science nous apprend à respecter le devoir de douter de ce qui nous est présenté comme réalité expérimentale … quoique ? Oui, la médiatisation à outrance d’un phénomène sur lequel la Science nous invite à émettre les nettes réserves survantées en incite plus d’un à adopter une attitude ferme et imperméable au débat en clôturant celui-ci par une attitude qu’elle soit justifiée autant que bornée et stupide … quoique. J’en retiendrai donc que si le monde politique exerce son devoir de décision dans ce qu’il pense être un destin favorable, qu’il le fasse et qu’il en assume les conséquences. Dans un cadre démocratique, il est élu dans cette perspective. J’en retiendrai également que si les philosophes exercent leur faculté d’influence ou de pression sur la réflexion de l’individu, qu’ils le fassent … sans en assumer les conséquences dans la mesure où la philosophie ne peut jamais être qualifiée de « Science ». En définitive, Darwin reste le seul à avoir disposé de tems d’analyse et de critique pour énoncer que l’Être Humain reste doté de capacités structurelles et fonctionnelles essentiellement corticales dont celui-ci se targue lui-même de les considérer comme le niveau supérieur de la phylogénie. Qu’il s’en serve donc pour cerner et triturer les variables déterminant l’évolution d’un problème conflictuel avant de prendre position . Cette dotation de la Nature a donné corps à la dialectique. Cela prendra du temps mais, à défaut de faire progresser la Science, cela fera progresser l’Homme bien davantage que de l’entraîner sur des voies ambigües tant en termes de réassurance que de suspicion. Pour ce faire, il faut affirmer l’indispensable prise en compte du « temps » de la réflexion autant que de la découverte de son impact sur le caractère réfléchi et raisonné de nos positions.

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  7. Arnaud

    Bonsoir Pr Rentier,

    Voici un article publié le 3/09 susceptible d’être intéressant et en rapport avec ce post :

    https://www.nejm.org/doi/10.1056/NEJMc2112981?url_ver=Z39.88-2003&rfr_id=ori%3Arid%3Acrossref.org&rfr_dat=cr_pub++0pubmed

    Surtout quand un article de presse écrit explicitement ce jour « Cette épidémie est entrain de devenir une épidémie des personnes non-vaccinées » et « Ces personnes mettent en danger d’autres personnes » :

    https://www.lalibre.be/belgique/politique-belge/2021/09/17/a-un-moment-il-faut-forcer-le-cheval-a-boire-suivez-en-direct-les-dernieres-informations-concernant-le-comite-de-concertation-ILIBVI7Q4BCRHPOAWYLMDIHVE4/

    Personnellement, je suis sidéré. Je n’aurais jamais imaginé que l’on puisse en arriver à un tel point de stigmatisation. En arrivera-t-on un jour à penser que le virus est le non-vacciné…

    Bien à vous.

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    1. Je suis également sidéré.
      Ce n’est pas un simple article de presse qui écrit cela, ce sont les propres mots du premier ministre belge en conférence de presse. Stigmatisation toute macronienne et totale confusion des enjeux. Le but n’est pas de faire un score record de vaccinations, c’est de combattre le virus et tout le monde sait aujourd’hui que la vaccination protège apparemment contre les formes graves du COVID mais pas contre la contagion éventuelle.

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    2. Merci pour les references ! Je connaissais et ce n’est pas la seule dans ce sens.

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      1. Arnaud

        De rien, c’est avec plaisir.

        J’ai également ce dernier, publié tout récemment le 15/09 (sur les tests diagnostics et la problématique des faux positifs) qui a retenu mon attention, mais je n’ai pas encore tout lu :

        https://journals.asm.org/doi/10.1128/Spectrum.00313-21

        Bonne soirée à vous.

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