Revivre malgré le virus

J’ai été interpellé hier sur Twitter et sans vouloir alimenter de polémique inutile (j’ai anonymisé la discussion qui s’est terminée dans la plus parfaite courtoisie, je rapporte ici la réponse que j’ai été amené à faire sous forme d’un fil Twitter car elle résume assez bien ma position. Pour replacer les choses dans leur cadre, je dirai simplement qu’on me définissait comme quelqu’un qui considère que « les infections virales sont une bonne chose ».

Je n’ai jamais prétendu qu’aucun virus puisse être une bonne chose !!! (Même si je les côtoie depuis plus de 50 ans !).
J’ai seulement toujours soutenu qu’il fallait « vivre malgré eux » (je retrouve avec plaisir l’expression dans la carte blanche Belkhir-Clumeck-Gilbert). Je dirais même aujourd’hui « revivre malgré eux ».
Et les affronter. Ni les combattre, ni les aimer ni pactiser avec eux.

Mais pas non plus, à l’autre extrême, se paralyser et s’enterrer en attendant le moment – utopique – où ils finiraient par disparaître.
On sait pertinemment bien qu’un virus à transmission aérogène ne disparaît jamais… sauf à la longue, en raison de l’immunité collective naturelle (et encore: l’influenzavirus H1N1 de 1918 est réapparu 91 ans plus tard).

Dans un raccourci un peu caricatural et très ‘twitterien’, je dirais que les combattre veut dire accorder les moyens, non pas à des professions pour rester fermées, mais à la médecine pour prévenir et guérir, et aux hôpitaux pour tenir le choc.

A l’époque où j’ai été accusé injustement d’eugénisme – ce qui est aux antipodes de mon propos et d’ailleurs inapproprié car on aurait dû dire « darwinisme » – personne ne pouvait imaginer qu’on oserait se lancer aussi tôt dans une vaccination de masse avec des produits dont la phase 3, normalement obligatoire, se terminait au plus tôt en…

…2022.
On ne pouvait imaginer de vivre reclus pendant des années sans conséquences gravissimes pour la société. Affronter le virus, plutôt que se réfugier éternellement dans un abri, c’est se donner les moyens de le combattre, prévenir et soigner.

Bien sûr, comme virologue, il me serait plus facile de jouer, moi aussi, la carte du « zéro- covid », mais ce serait ignorer la catastrophe sociale, psychologique, médicale et économique, mais surtout éducationnelle que cela implique.

Et si le concept « Covid-Safe » relève d’une prudence de bon aloi, il pourrait également devenir paralysant et aggraver la situation qui conduit aux formes d’insurrection qui pointent actuellement un peu partout, s’il n’est pas géré avec une certaine souplesse.

4 commentaires sur “Revivre malgré le virus

  1. Commentaire parfait … comme d’habitude.
    Continue, ils finiront bien par le comprendre et l’admettre !!!

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  2. c130554

    …c’est tellement évident et logique …comment faire circuler ce message … la population a été tellement informée de façon peu scientifique …

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  3. Jean-Pol

    Concernant le concept « Covid safe » présenté dans la carte blanche, il semble compliqué à mettre en oeuvre ( en tout cas rapidement ) et pourrait créer des discriminations entre différents acteurs d’un mêmes secteur d’activités .
    Ce n’est donc pas la panacée universelle , mais cette prise de position émanant d’experts qui ont défendu pendant un an les mesures de confinement me semble être un tournant intéressant .
    Peut-être en partie poussés dans le dos par des experts comme ceux de l’équipe « covidrationnel » , ils reconnaissent qu’il faut une autre stratégie . Se remettre en question c’est une attitude positive et même courageuse ( il y a une prise de risque au niveau de la crédibilité ).
    Sur le plan symbolique cela me paraît important , cela ouvre le champ de la réflexion et cela donne des perspectives . Je constate que cette carte blanche fait l’unanimité dans la classe politique francophone majorité comme opposition , mais que l’intérêt est moins marqué dans la partie néerlandophone du pays . Merci pour votre travail et vos articles : cela commence à payer , comme quoi cela vaut la peine d’être persévérant

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  4. Heureuse de vous retrouver ici, cher Professeur Rentier, après une plongée de 14 mois dans l’abêtification institutionnalisée. Gardons le cap, droit dans les shoes … Je me suis permise de poster sur FB votre article en open source sur les bases du système immunitaire, on repend tout par la base …. Covidée naturellement plusieurs fois (j’ai décidé de faire collection), je sens que mon système immunitaire est au top ! Avec toute mon amitié, de France, où ce n’est guère mieux qu’ailleurs… Prête donc à (se) réinstruire … Laurence Fanuel

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