Le Plan S et l’Open Access : soutien ou perversion ?

[English version here]

Depuis ce 1er janvier 2021, le paysage de la communication scientifique, essentiellement en Europe, a profondément changé et peu de chercheurs semblent être conscients de l’importance de l’événement.

Une nouvelle exigence de la part de grands organismes de financement de la recherche vise à mettre fin à des décennies de tradition dans l’édition scientifique, où les chercheurs publient gratuitement (au sens qu’ils ne paient pas pour être publiés et que l’éditeur ne les rémunère pas non plus) les résultats de leurs recherches dans des revues dont les éditeurs vendent les abonnements aux universités et autres institutions de recherche ainsi qu’aux lecteurs intéressés.

Entrée en scène du Plan S

Convaincus du bien-fondé de la tendance croissante des 25 dernières années qui ont vu l’essor de l’informatique et de la communication en mode électronique, plusieurs grands organismes de financement de la recherche (17 agences et 6 fondations, dont le Wellcome Trust et le Howard Hughes Medical Institute, deux des plus grands bailleurs de fonds de la recherche biomédicale au monde), associés en une alliance, «cOAlition S», ont élaboré un «*Plan S pour en finir avec les barrières de péage des abonnements et accélérer le progrès scientifique en permettant un partage plus libre des résultats.

Le Plan S offre une réelle opportunité d’ouvrir l’accès à la littérature scientifique produite avec les moyens publics ou provenant de fondations désintéressées. Il exige des scientifiques financés par les organismes membres de la cOAlition S qu’ils rendent leurs articles immédiatement accessibles gratuitement en ligne dès leur publication.

Les chercheurs disposent de plusieurs moyens pour se conformer au Plan S, soit en payant aux éditeurs une redevance pour mettre un article gratuitement à disposition sur le site web d’une revue, soit en déposant l’article dans un dépôt public gratuit d’où tout le monde peut le télécharger. Un outil de vérification permet aux chercheurs de s’assurer de la conformité au Plan S de la revue dans laquelle ils envisagent de publier un article.

Est-ce que le Plan S va induire les effets désirés ?

Le libre accès connaît un succès croissant. Depuis 2017, la majorité des nouveaux articles dans toutes les disciplines universitaires, surtout en sciences, ont été publiés en libre accès. En 2020, à la demande de l’UNESCO, la plupart des éditeurs ont supprimé les barrières de péage des articles sur la pandémie de COVID-19 afin de comprendre rapidement les caractéristiques du virus SARS-CoV-2 et d’accélérer le développement de vaccins et de traitements. À cet égard, la pandémie de COVID-19 aura fait comprendre à beaucoup l’utilité, voire l’absolue nécessité d’une communication instantanée et ouverte face à un défi collectif de grande envergure.

La cOAlition S n’a cependant pas réussi à s’étendre significativement au delà de l’Europe. Tous les fonds de recherche européens n’y ont pas, ou pas encore, adhéré. Les principaux organismes de financement de la recherche en Chine, en Inde et aux États-Unis ont exprimé leur soutien de principe à l’Open Access, mais n’ont pas adhéré au Plan S. L’impact de celui-ci se fera donc sentir seulement sur une partie de la littérature scientifique mondiale. Sans une adhésion plus large, le plan risque d’induire un désavantage pour les chercheurs qui doivent s’y conformer.

Un autre danger est que, par son caractère obligatoire (qui constitue aussi sa force et sa chance d’opérer), le plan S offre aux éditeurs traditionnels une opportunité tentante d’exiger des droits de publication (appelés APC, article processing charges) exagérément élevés, dans le but, non pas de couvrir les frais, mais de pallier le manque à gagner de l’annulation des souscriptions.

Quel intérêt pour les auteurs ?

Les auteurs sont très préoccupés par le facteur d’impact (FI) des revues où ils publient, et ceci en raison de ce qu’on exige d’eux, malheureusement. Cependant, plusieurs études rapportent que les citations d’articles en libre accès, dans des conditions où l’article n’est pass assorti d’un FI de journal, sont plus nombreuses que celles des articles traditionnels dont la lecture présente un coût. Cette tendance s’est encore amplifiée avec la pandémie de COVID-19, mais l’avantage de l’accès libre en matière de citations ne s’applique qu’aux articles de grande qualité (https://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=3735696). D’autres études ont montré que les articles en libre accès ont une plus grande portée si on leur applique d’autres mesures telles que le nombre de téléchargements et de consultations en ligne ou dans les médias sociaux, voire dans la presse généraliste ou de vulgarisation. Ces éléments confirment que le libre accès permet à un public plus large que la communauté scientifique d’accéder à l’information.

L’Open Access a-t’il un coût ?

Dans ce que l’on appelle la «voie dorée de l’accès libre» (Gold Open Access), les articles bénéficient d’une licence les rendant librement disponibles lors de leur publication et, en compensation, l’éditeur perçoit une redevance destinée à couvrir le coût de la publication. Ce nouveau mécanisme permet un accès immédiat aux informations scientifiques et constitue donc une victoire de l’Open Access sur ce plan. Par contre, s’il n’est qu’un transfert du profit éditorial sur le dos de l’auteur et non plus du lecteur, c’est un échec sur le plan financier, surtout si le processus s’interrompt au milieu du gué et que les souscriptions persistent parallèlement aux nouvelles initiatives, ce qui est le cas aujourd’hui. Ces dernières années, le coût moyen de la publication d’un article pour son auteur était d’environ 2 200 € (https://microblogging.infodocs.eu/?p=8699), et pouvait excéder 4 000 €, des prix qui excèdent de loin le coût réel du travail d’édition à accomplir. La famille des revues Nature a fixé son prix maximum de libre accès à 9 500 € et Cell Press (Elsevier) facturera 8 130 € pour un article dans son fleuron, Cell. Des tarifs aussi exorbitants se justifieraient, selon ces éditeurs, par le fait que la renommée et le prestige de leurs revues attire un nombre excessif de propositions d’articles et que le tri nécessaire, en l’absence de paiement par manuscrit soumis, implique un travail gigantesque.

Le double paiement, piégeage des institutions de recherche

De plus en plus d’institutions de recherche, notamment en Europe, concluent des accords (transformative agreements) en vertu desquels elles versent à un éditeur une redevance unique couvrant à la fois les frais de publication et l’accès libre. Le plus important accord de ce type a été conclu en janvier 2020 entre Springer Nature et plus de 900 institutions de recherche et bibliothèques allemandes. Toutefois, ces accords ne couvrent que 3 % de la littérature scientifique. En outre, ce système n’élimine pas les abonnements aux revues, il ouvre simplement l’accès immédiat à certains articles bien particuliers à la demande de leur auteur qui se met ainsi en conformité avec le Plan S. Il se crée donc un système hybride où un article – et le savoir qu’il contient – est non seulement fourni gratuitement par l’auteur à l’éditeur mais est effectivement publié à compte d’auteur et fait partie d’une revue par ailleurs vendue par abonnement. Le système hybride de double paiement exigé par certains éditeurs aboutit d’emblée à un surcoût pour les chercheurs et à un sur-profit pour les éditeurs.

La bonne vieille « voie verte »

Une variante plus ancienne, appelée «voie verte» (*Green Open Access*) permet aux auteurs d’éviter les frais de publication. Dans cette formule, les auteurs publient dans des revues – même celles qui utilisent des systèmes de paiement par les lecteurs – mais déposent immédiatement leur article dans un dépôt en ligne. Ce procédé est devenu une obligation légale pour les publications des recherches financées par des fonds publics dans beaucoup de pays, y compris les USA (pour les dispositions légales en Belgique, consulter le site de l’Open Access belge. Ces dépôts institutionnels se sont ainsi fortement multipliés. Le *Directory of Open Access Repositories* en répertorie plus de 5.500. Les éditeurs imposent généralement un embargo de 6 ou 12 mois avant que les auteurs ne puissent ouvrir le document ainsi archivé et le mettre gratuitement à disposition de tous. Toutefois de nombreux éditeurs permettent aux auteurs de déposer immédiatement dans un dépôt institutionnel une version finale d’un article révisé par des pairs (les politiques d’embargo de milliers de revues sont répertoriées dans une base de données appelée Sherpa/Romeo).

Non seulement le Plan S intègre la voie verte mais il rend immédiate l’obligation d’ouverture, sans embargo. Cette disposition est contestée par beaucoup d’éditeurs qui veulent, dans ce cas, exiger un paiement par l’auteur. Le débat n’est pas clos.

Les frais pour les auteurs seront-ils contrôlés ?

La Coalition S cherche à exercer une pression à la baisse sur les prix d’édition en sollicitant leur transparence. Lorsque les recherches d’un bénéficiaire de subvention sont publiées, le Plan S exige des éditeurs qu’ils divulguent leurs tarifs aux bailleurs de fonds, y compris le coût des services tels que la sélection préalable, l’organisation de la révision par les pairs, l’amélioration de l’écriture et la correction d’épreuves. La coalition s’est engagée à partager ouvertement ces informations avec les auteurs et les institutions, avec l’espoir d’assurer ainsi un certain niveau de contrôle sur les prix.

Le passage à l’Open Access est-il une obligation éthique ?

Bien que tous les acteurs de la communication scientifique, chercheurs, bibliothécaires, décideurs et éditeurs soient généralement conscients aujourd’hui de l’utilité, voire la nécessité du libre accès, beaucoup hésitent à s’y engager réellement. Les bailleurs de fonds de recherche n’avaient jamais, jusqu’ici, tenu à rendre obligatoire la publication gratuite et immédiate des articles de recherche réalisés avec leur soutien financier.

Certains auteurs sont également hésitants en raison de l’exigence qui leur est faite de publier dans des revues prestigieuses et à fort impact pour obtenir une titularisation, une promotion ou des moyens de réaliser leurs travaux. En outre ils peuvent être victimes de l’idée reçue qui prétend que les revues qui ne proposent que des articles en libre accès manquent de rigueur.

Par ailleurs, payer pour publier dans des revues qui profitent du prestige de leur maison d’édition crée une inégalité flagrante entre chercheurs en fonction des moyens financiers dont ils disposent.

Le mouvement de l’Open Access risque-t’il d’être perverti ?

Dès son amorce, le mouvement pour l’accès libre a postulé que les frais d’édition doivent être contrôlés par les institutions de recherche et financés par une redirection des moyens affectés par les bibliothèques institutionnelles pour les abonnements aux revues qui seraient abandonnés. Dans la réalité , les choses se sont avérées plus complexes. Bien que les accords de « transformation » qui couvrent à la fois la lecture et la publication d’articles aient rapidement augmenté le pourcentage d’articles publiés en libre accès dans certaines institutions, les détails de ces accords sont généralement secrets et leurs périmètres sont difficilement comparables.

Néanmoins, il est clair que le fait de rendre la plupart des articles en libre accès mais payants pour l’auteur, si les tarifs ne sont pas un reflet réaliste des coûts réels, fera exploser les budgets des bibliothèques universitaires (Harvard évalué cette augmentation à 71 %) et marquera de grandes différences dans la capacité de publier. En effet, cela pourrait créer une spirale par laquelle les chercheurs bien financés publient davantage, acquièrent plus de visibilité, une plus forte reconnaissance et, par conséquent, obtiennent plus de financement.

Si le Plan S ne veille pas explicitement à surveiller et maintenir, au sein des termes de l’obligation de publication ouverte que la cOAlition S impose aux chercheurs un plafond infranchissable des frais de publication, ces effets pervers d’explosion des budgets seront inévitables. C’est maintenant sur ce point précis que réside l’enjeu de la communication des recherches publiques.

L’Open Access est-il l’avenir de l’édition scientifique ?

Le Brésil et d’autres pays d’Amérique latine ont développé avec succès un modèle de maintien du libre accès sans frais de publication par article, AmeliCA , qui a permis la création de revues et de dépôts d’articles en libre accès. En 2019, la région détenait le pourcentage le plus élevé au monde d’articles scientifiques en libre accès, près de deux tiers de sa production. Cette initiative indique donc la parfaite faisabilité d’un tel système ouvert. Évidemment, elle émane de pays où les universités sont moins nanties et qui ne pouvaient se permettre d’adopter des pratiques coûteuses que des institutions plus riches tendent à considérer comme nécessaires, inhérentes au processus de recherche lui-même, et à intégrer dans les frais de recherche.

Le débat se poursuit sur la manière de contrôler les coûts de publication. De nombreux partisans de l’Open Access affirment que le rendre plus abordable nécessitera un vaste changement dans la culture scientifique. En particulier, les comités d’évaluation devront revoir complètement leurs exigences en termes de publications à l’égard des chercheurs.

[Lire les rectifications et commentaires par Johan Rooryck, executive director of cOAlition S (rooryck.org) au bas de la version anglaise]

7 commentaires sur “Le Plan S et l’Open Access : soutien ou perversion ?

  1. Jean-Pol

    Merci pour cet article , complexe et technique pour le profane que je suis .
    J’y ai beaucoup appris ….
    Cette pandémie questionne de façon importante le rôle de la science , des chercheurs , des revues scientifiques , du financement de la recherche , des conflits d’intérêt, de la prise de pouvoir des experts ,par rapport aux politiques , etc…
    Notre monde bouge , espérons que ce sera pour le meilleur . J’aime être optimiste .
    Dans ma modeste expérience de vie ( pas du tout en lien avec la science ), j’ai toujours défendu le libre accès aux informations , la transparence , la liberté d’expression, le débat d’idées ….

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  2. Simone Jérôme

    ‘Peu de chercheurs semblent être conscients de l’importance de l’événement’, dites-vous, et j’ajouterai : ‘de beaucoup d’autres choses aussi’. C’est normal. Le chercheur a autre chose à faire que de s’occuper d’un problème qui est d’essence purement économique et n’a rien de scientifique. Résultat : la culture scientifique ambiante dit : ‘il faut publier et de préférence dans des revues cotées’. Le chercheur s’exécute’.
    Le problème n’est donc pas du côté des chercheurs mais dans celui des institutions, qu’elles soient d’enseignement, de recherche ou de financement que j’appellerai, pour faire bref ‘le monde scientifique’.
    Historiquement, celui-ci a délégué.volontairement ou bien de facto son système de communication à des entreprises privées dont le seul objectif est de faire du profit et de rétribuer leurs actionnaires. Aussi longtemps qu’on était dans le domaine de l’imprimé, elles avaient la main et en ont abusé. Les temps changent et l’information s’est dématérialisée. Autrement dit, la communication ne passe plus obligatoirement par les anciens canaux et le monde scientifique est en mesure de reprendre la main ce qu’il a tenté de faire avec l’OA.
    Historiquement, tout système ou régime qui voit ses privilèges menacés va tout mettre en oeuvre pour les préserver et c’est ce qui se passe avec ce Gold-OA qui n’est rien moins qu’une escroquerie.
    Car qu’offre l’éditeur comme plus-value à un article qui est soumis à des normes de publication très strictes n’exigeant que très peu de travail éditorial sinon la distribution et l’organisation de la peer review. Je dis bien l’organisation car la peer review elle-même sera effectuée par d’autres scientifiques à qui l’on fera appel et qui ne seront pas ou si peu rémunérés pour ce faire.
    Les chiffres de coûts que vous citez sont effarants sinon de penser qu’une publication scientifique est un objet de luxe auquel seuls le prestige et la fortune de l’acheteur confère une valeur.
    Et je n’ai encore rien dit de l’inflation de la documentation scientifique qui prend des proportions gigantesques. Or c’est connu depuis longtemps : pratiquement la moitié (les chiffres diffèrent d’une discipline et d’un journal à l’autre) ne sont lus que par leur(s) auteur(s). Il faut donc plus de sévérité au niveau de la peer review . Les peers ne devraient pas être choisis par les éditeurs mais par la communauté scientifique elle-même, à elle de s’organiser et de les former à cette responsabilité cruciale.
    En inventant le facteur d’impact, Garfield visait un outil de mesure de la qualité d’un journal. Il a été dévoyé en un outil de mesure de la qualité d’un auteur, ce qui est un non-sens. Que ce soit la mémoire de l’eau, la fusion froide… tous ces articles plus que controversés n’avaient-ils pas des citations en abondance.
    Je ne puis donc qu’être d’accord avec votre conclusion : les comités d’évaluation devront revoir complètement leurs exigences à l’égard des chercheurs.

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    1. Bien d’accord mais en réalité, le chercheur est directement concerné puisque c’est lui qui, dorénavant, s’il est financé ne fût-ce qu’en partie par un membre de la Coalition S, va devoir choisir un mode de publication compatible avec le Plan S. Pour les chercheurs liégeois, pas de gros souci puisque, si l’éditeur ne propose pas de solution ouverte immédiate, le dépôt dans ORBi permet d’atteindre ce but. Toutefois, il faudra braver la période d’embargo souvent imposée par l’éditeur… Donc, pour être en règle, il faudra obtenir une levée de l’embargo, ce qui est peu probable, ou choisir un autre éditeur. Dans tous les cas de figure, sauf lorsque le chercheur a, de toute façon, choisi un mode de publication ouvert, il sera concerné et ne pourra contourner la question. C’est pourquoi ce serait bien que les chercheurs réalisent ce qui est en train de se passer…

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      1. Simone Jérôme

        Non seulement ce serait bien, c’est indispensable. L’économie et l’éthique de la publication scientifique devraient faire partie de la formation des jeunes chercheurs (cours de doctorat, par exemple). L’enfer étant pavé de bonnes intentions, je crains que les éditeurs ne détournent encore le plan S à leur profit. Il faut leur faire comprendre qu’ils ne sont plus les maîtres du jeu, par des mesures inventives et radicales, par exemple le boycott des revues créés sans justification, en exigeant pour toute nouvelle revue un nombre élevé de signatures de scientifiques au lieu d’un editorial board de complaisance, la dénonciation des consortia et autres packages imposés dans le plus pur style du marketing de supermarché…
        Et surtout informer, communiquer, mobiliser.

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  3. Paru le 6 janvier :: Should scientific studies be available for free?
    Plan S is starting to take hold, but the cost is merely shifting even more to the researchers – https://bigthink.com/technology-innovation/plan-s-open-access?rebelltitem=1#rebelltitem1?rebelltitem=1

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