Les yeux bandés…

Commençons par les chiffres et ma constante préoccupation concernant leur signification. Le récent abandon des tests sur les personnes potentiellement contaminées et asymptomatiques va avoir pour effet de diminuer considérablement le nombre de tests, donc attendez-vous à ce que le nombre absolu de nouveaux positifs décroisse. Il faudra être très attentif lors de l’interprétation de ce recul, qu’on pourrait logiquement à attribuer aux dernières mesures en vigueur… Cette suppression de tests va également entraîner un ciblage plus affûté des personnes testées: les symptomatiques, ce qui devrait faire fortement augmenter le taux de positivité comme en mars-avril lorsqu’on ne pouvait tester que les symptomatiques. Autant le savoir, avant d’en tirer des conclusions fausses dans quelques semaines.

Un refus incompréhensible. ➖ Le ministre Belge de la Santé refuse d’envisager les test «PCR salivaires», une technique de prélèvement qui est évoquée régulièrement dans divers pays. La raison en est que la technique serait différente de celle du test PCR naso-pharyngé et qu’il sera difficile d’assurer une continuité des statistiques, une affirmation qui a fait bondir les spécialistes. La première chose qu’on puisse en dire, car c’est élémentaire et tout le monde peut comprendre, est que ce sera plus difficile encore d’assurer cette continuité sans données du tout.

Un test vraiment différent ? ➖ Le test PCR salivaire (PCR-S) est identique au test PCR naso-pharyngé (PCR-NP), seul le prélèvement est différent: un dépôt de salive dans un tube au lieu d’un frottis rétro-nasal. Voici déjà une précision qui a toute son importance. C’est pourquoi il serait préférable, pour la dénomination de ces tests jumeaux, qu’on utilise une nomenclature simple comme celle que je suggère ici et qui les différencie tout en indiquant bien qu’il s’agit pratiquement de la même chose: PCR-S et PCR-NP. Si le « test antigénique » également appelé « test Antigène », qui n’a rien à voir avec la PCR (il recherche directement la présence du virus au moyen d’anticorps anti-viraux spécifiques du SARS-CoV-2), est beaucoup moins sensible que la PCR-NP, ce n’est pas le cas pour la PCR-S. Cette dernière est parfois (pas toujours) décrite comme légèrement moins sensible, toutefois ce n’est pas à cause de la technique d’amplification, puisque c’est exactement la même, mais parce que, lorsqu’on est contaminé, la salive contiendrait un peu moins de virus ou de composants viraux que le naso-pharynx, une observation qui ne fait pas l’unanimité. Même si c’est effectivement le cas, ce n’est pas nécessairement un inconvénient (la PCR-NP détecte du virus ancien et inactif) et cela pourrait y contraire rendre le diagnostic plus indicatif de la contagiosité potentielle du patient.

Une initiative trop wallonne ? ➖ Malgré les difficultés d’approvisionnement en réactifs indispensables, l’Université de Liège a développé une technologie de prélèvement originale, sécurisée et simple permettant l’auto-prélèvement rapide. Elle assure également tout le protocole qui s’ensuit et a généralisé cette approche pour le testing de ses étudiants et de son personnel. Les résultats sont très concluants et rapportent un taux de positivité compatible avec les observations générales.

Une expérience internationale qui s’accumule. ➖ La PCR salivaire fait son chemin dans le monde, en particulier aux USA, comme, par exemple, à l’Universite de Yale, où on vante tous les avantages de la technique, y compris le caractère informatif des résultats. Plusieurs états américains ont ainsi fait basculer leur politique de testing vers la PCR-S. Une publication du 22 septembre 2020 en libre accès dans le New England Journal of Medicine constate qu’il n’y a guère d’écart de sensibilité entre la PCR-S et la PCR-NP. On y lit : «saliva analysis is not dramatically less sensitive than NP swab analysis and might even yield somewhat less variable results». En français : «L’analyse de la salive n’est pas beaucoup moins sensible que l’analyse des écouvillons de NP et pourrait même donner des résultats un peu moins variables». Deuxième indication en faveur de la PCR-S. Intéressant ! En France, la PCR-S est validée par la Haute Autorité de Santé pour les symptomatiques et utilisée depuis le 18 septembre. Son efficacité a été confirmée par le CNRS le 5 octobre. En Suisse, une étude a démontré une meilleure détection du SRAS-CoV-2 dans les échantillons de salive que dans l’échantillon sur écouvillon nasopharyngé. « En outre, un pourcentage plus élevé d’échantillons de salive sont restés positifs au cours du temps en comparaison avec les échantillons sur écouvillon nasopharyngé. Ces résultats suggèrent que les échantillons de salive ont une sensibilité au moins similaire à celle des échantillons sur écouvillon nasopharyngé dans la détection du SRAS-CoV-2. L’analyse des variations de la concentration d’ARN au cours de l’évolution clinique a mis en évidence des fluctuations moins importantes dans la salive que dans les prélèvements nasopharyngés ».

Et même belge ! ➖ Le 17 août, dans le Brussels Times, les virologues belges H. Goossens, S. Van Gucht et M. Van Ranst recommandaient la PCR-S pour la détection de l’infection par le SARS-CoV-2 dans les écoles pour identifier les élèves super-contaminateurs. Dès le 19 août, l’adoption des PCR-S validées était recommandée par Sciensano afin de dépister les asymptomatiques à risque de contamination, concluant : «L’analyse de la salive pourrait être utilisée pour le dépistage de grands groupes de populations asymptomatiques, afin d’identifier les individus hautement infectieux». Sciensano confirmait le 12 octobre : «Le prélèvement de salive est susceptible d’avoir une valeur pour identifier les individus asymptomatiques ayant une charge virale moyenne à élevée dans le cadre de campagnes de dépistage systématique». L’utilisation de la PCR-S validée était, ce même 12 octobre, annoncée pour la fin de la semaine. Puis refusée par le ministre.

Des avantages incontestables. ➖ Certes, comme la PCR-NP universellement utilisée, la PCR-S est un « test PCR ». Cela suppose, un équipement coûteux, des réactifs difficilement disponibles, un savoir faire pointu et donc un personnel compétent. Passer d’un test à l’autre ne change rien à la charge de travail en aval du prélèvement. Les laboratoires ont besoin d’une aide conséquente et le remboursement du test serait un incitant pour les personnes à tester et pour les laboratoires agréés. C’est évidemment pourquoi l’approbation ministérielle est nécessaire. Parler de coûts excessifs dans la situation actuelle ne serait pas acceptable. Par contre, la PCR-S change beaucoup de choses au niveau du prélèvement : il s’agit non pas d’un auto-test, mais d’un auto-prélèvement, ce qui signifie que la personne à tester effectue un simple prélèvement de salive et, en refermant le tube, scelle l’échantillon de façon sécurisée et libère, dans le tube, un premier réactif qui stabilise l’échantillon. Celui-ci peut alors être déposé au laboratoire d’analyse. Plus besoin d’un personnel spécialisé avec équipement de protection prenant des risques et procédant à un prélèvement nasal délicat, parfois douloureux et toujours désagréable, ce qui augmente la compliance. Plus de files d’attente interminables pour se faire prélever et le personnel soignant ou technique peut être affecté à d’autres tâches.

Il existe aujourd’hui suffisamment d’indications de l’utilité de la PCR-S pour l’utiliser systématiquement et régulièrement dans les maisons de repos, dans les écoles et universités ainsi que pour les asymptomatiques susceptibles de contamination suite à un tracing ou revenant de voyage en ‘zone rouge’. Rejeter cette possibilité, c’est s’amputer d’un moyen de savoir, même s’il n’est pas infaillible (aucun test ne l’est, évidemment). Dire que c’est en rupture avec ce qu’on faisait jusqu’ici et que cela créera une discontinuité dans le suivi épidémiologique est vrai mais c’est une préoccupation négligeable par rapport à l’ampleur de la crise hospitalière actuelle. Et de surcroît, remplacer un test par un autre, plus facilement réalisable, vaut beaucoup mieux que de le remplacer par un bandeau qu’on se met sur les yeux.

37 commentaires sur “Les yeux bandés…

  1. Jean-Pol

    Merci pour cette note sur les tests qui me parait du bon sens :je pense que vous serez entendu prochainement ( le gouvernement wallon compte avancer sur les tests salivaires ) .
    J’en profite pour dire que personnellement je soutiens les décisions prises par le gouvernement fédéral et le gouvernement wallon .
    Avec des déclinaisons différentes , ils poursuivent en même temps les 4 seuls
    objectifs possibles à long terme :
    -préserver au maximum la santé physique
    -préserver au maximum la santé mentale
    -préserver au maximum l’activité économique
    -préserver au maximum l’éducation des jeunes .
    Le rôle du politique est de ne pas céder aux pressions , mais de faire une synthèse
    ( qui bien évidemment parce qu’elle est équilibrée ne va satisfaire personne ) .
    Si la situation est aussi critique qu’on le dit dans les hôpitaux , pourquoi ne pas faire appel à l’aide internationale comme on le fait dans toutes les catastrophes ?

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  2. joss

    Ce qui a été une rupture et une discontinuité épidémiologique, c’est le fait d’avoir commencé à tester les asymptomatiques et d’avoir relevé le seuil des cycles d’amplification des tests RT-PCR.
    En effet, le PCR salivaire permettrait de récupérer du personnel de testing pour le placer là où nous en avons le plus besoin pour le moment càd soigner les malades.
    « Tout le monde » reparle de confinement comme si c’était du « pain béni », mais reconfiner une fois que le virus est bien dispersé dans la population, n’a plus aucun sens. Et reconfiner alors que nos voisins ne le font pas, n’a pas de sens non plus. C’est se faire harakiri.

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  3. Cat

    Merci pour vos explications, esperons que le gouvernement wallon sera ouvert a vos arguments en faveur du test salivaire afin de pouvoir avancer enfin dans l interpretation des chiffres. Mon fils etudiant a l ulg l a fait quelques fois…simple comme bonjour, resultat rapide. Et cela resoudrait en grande partie l engorgement dans les centres de testing, tout comme la disponibilite de personnel qualifie a d autres tâches urgentes. Je ne comprends definitivement pas l obstination têtue du nouveau ministre de la santé, a part culpabiliser une categorie de la population et nous prendre pour des idiots, on est mal barré!

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  4. Jean-Pol

    En France l’Agence Nationale de sécurité du médicament vient de refuser la demande de dérogation de Didier Raoult concernant l’utilisation de l’hydroxychloroquine .
    L’efficacité de ce produit ne semble pas scientifiquement tranchée , mais à partir du moment où on sait qu’il n’est pas nocif ( médicament très ancien ), pourquoi l’interdire ? La liberté de prescrire ne devrait-elle pas être garantie pour un médecin dès lors que le médicament est autorisé ( même si c’est pour d’autre pathologies ) ?
    Je suppose que Didier Raoult aura l’occasion d’en parler lors de sa venue à Liège .

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    1. Renaud

      Tout n’est pas si simple…. Je suis d’accord avec vous, l’hydroxychloroquine, aux doses prescrites en prévention de la malaria, n’est pas nocive chez des patients en bonne santé. Mais quid des autres?

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      1. Je crois qu’on ne peut juste rien dire tant qu’on n’a pas une étude conforme aux usages de l’expérimentation clinique, et significative. Le reste, c’est du vent et des opinion préconçues. Mais pour cela, il faut une autorisation. Tant qu’elle ne sera pas délivrée, on ne saura rien.

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      2. jbt

        le problème est que dans le même temps le remdevisir de gilead est donné gratuitement, après l’achat par l’union européenne. j’ai beau chercher je ne vois aucune étude solide pour ce médicament pour un quelconque bénéfice, par contre ses effets secondaires ont été relevés. c’est l’utilisation hors aam qui a été refusée pour l’hcl à l’ihu, basée sur l’argument que l’équilibre bénéfice/risque était défavorable. ce qui lui n’a pas été retenu pour le remdevisir. le problème n’a plus rien à voir avec la science, ou la preuve scientifique.

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  5. La région wallonne a décidé d’utiliser les PCR-S pour protéger les maisons de repos. Excellente initiative.
    https://plus.lesoir.be/333088/article/2020-10-21/la-wallonie-se-lance-dans-les-tests-salivaires-par-gargarisme
    On voit bien ici pourquoi la nomenclature doit être adaptée: les journalistes auteures de l’article signalent que « la sensibilité de ces tests est proche des tests PCR »…!!!

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  6. Jean-Pol

    Jean-Dominique Michel a été l’invité des Grandes Conférences liégeoises ( vous êtes je crois membre du CA ) . J’ai visionné son intervention .
    Je lis les articles qu’il publie sur son blog « Anthropo-logiques » et certains me laissent parfois perplexes , comme le dernier ( ce jour )  » Purges covidiennes , chapeau bas au docteur Pascal Sacré , coup de gueule et cri du coeur  » que j’invite les lecteurs de ce blog à lire .
    Comment vous situez-vous :
    -par rapport à ses analyses ?
    -par rapport à sa manière de les exprimer ?

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    1. Les invités des Grandes Conférences Liégeoises font l’objet d’un choix majoritaire de son comité de programmation (dont je ne fais pas partie). Il répond généralement à une attente du public. Je n’interfère jamais, depuis la fondation il y a 15 ans, avec ces choix. J’ai souvent été mal à l’aise avec certaines invitations. J’ai souvent été l’objet de vives critiques imméritées comme de félicitations qui l’étaient tout autant. La plupart du temps, les oppositions étaient de principe, fondées sur des préjugés et la conférence démentait les inquiétudes. Le programme de cette année n’échappe pas à cette règle. Les circonstances donnent à plusieurs des conférences une connotation que beaucoup considèrent comme provocatrice, c’est le risque du système, mais ce n’est pas une raison pour les déprogrammer. J’ai toujours été étonné que toutes sortes de gens qui, désapprouvant nos invitations, se mêlent de vouloir les faire interdire. Je peux être en profond désaccord avec certains invités mais personnellement, je fais mienne cette phrase (qu’on attribue toujours à Voltaire mais qu’il n’aurait jamais prononcée !) : « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’au bout pour que vous ayez le droit de le dire ».

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      1. Jean-Pol

        Je ne peux que partager cette phrase de Voltaire qui ne semble pas inspirer un membre de l’équipe journalistique de la RTBF qui par mail , m’écrivait ceci :
        « Je trouve bien qu’on ne donne pas la parole à Gala qui a vraiment dit n’importe quoi.La neutralité ce n’est pas donner la parole à tout le monde , sinon on peut inviter aussi des climato-sceptiques et des créationnistes à ce titre  » .
        Cela s’appelle de la censure , un des marqueurs de la dictature . Non à un monde comme celui-là pour mes enfants et mes 9 petits-enfants ….

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      2. Ça montre simplement qu’ils ont décidé quelle était la parole à écouter et que leur jugement était supérieur à tout autre. Un processus aux antipodes des progrès de la science, qui naissent de la controverse. En route vers le Moyen-Age.

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  7. ch1951

    Bonsoir
    J’ai relayé sur ma page facebook, la conférence de Jean-Dominique Michel. L’ayant écoutée, je l’ai trouvée intéressante même si certains de ses avis m’ont surpris mais on ne peut pas tout connaître. Le collègue Bonnet m’a signalé que si JD Michel était anthropologue de la santé, alors lui était cosmonaute. M’ais n’est-ce point du choc des idées que peut naître la lumière. J’apprécie toujours autant vos mises au point. A bientôt.

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    1. On peut ne pas être d’accord avec les idées d’un conférencier sans pour autant lui retirer la parole. Ça m’est arrivé souvent, aux grandes Conférences Liégeoises où l’éventail est très large, de ne pas partager du tout les thèses défendues. L’intérêt est dans la diversité et la censure n’a jamais été une bonne stratégie. Évitons d’uniformiser le discours.

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  8. Jean-Pol

    Une des choses qui m’inquiètent le plus dans cette pandémie , ce sont les atteintes à la liberté d’expression et au débat contradictoire ( notamment au niveau de la RTBF dont la mission serait justement d’y veiller comme service public )
    Je vais prendre le cas de la Suède : ne serait-il pas intéressant que des gens comme Anders Tegnel et Marc Van Ranst se retrouvent dans une task force européenne ?
    On découvrait peut-être que la bonne stratégie se trouve entre la Suédoise et les autres . C’est la base même de la pensée : thèse-antithèse-synthèse .
    Raoult et Michel me paraissent manquer de nuance et sont un peu trop « excités » quand ils s’expriment . Je fais une différence entre dialoguer et polémiquer .
    Mais j’ai écouté la conférence de Michel et j’écouterai celle de Raoult et je soutiens la démarches des Grandes conférences liégoises , mais Chimay-Liège c’est un peu loin …

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  9. joss

    A force d’étouffer la critique, on finit par aller droit dans le mur. Certains devraient mettre leur ego de côté jusqu’à la fin de cette crise.

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  10. Ariane

    Merci pour vos explications toujours très claires. Je souhaitais vous poser une question par rapport à l’immunité à « long » terme. Sait-on si des personnes infectées lors de la première vague ont été recontaminées cette fois-ci ou si, au contraire, on peut dire que leur immunité est toujours suffisante quelques mois plus tard? D’autre part, peut-on espérer qu’il s’installe une forme immunité collective au fil du temps?

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    1. Malheureusement, on n’en sait rien et les articles scientifiques sur le sujet partent dans tous les sens. Le jour où on sera certain, beaucoup de choses deviendront possibles.

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  11. Jean-Pol

    Je viens de lire ( sur son blog Anthropo-logiques ) le dernier article ( très touffu ) de Jean-Dominique Michel qui réaffirme les effets positifs du protocole Raoult ( hydroxychloroquine et azythromicine ) , particulièrement au début de la maladie covid 19 . Je ne suis pas vraiment convaincu par son article et les certitudes qu’il contient.
    Mais , je me dis ceci : même si actuellement on ne peut pas prouver l’efficacité ou l’inefficacité de ce traitement , pourquoi ne pas laisser aux médecins généralistes la liberté de le prescrire si le patient le souhaite ? En effet ce médicament , prescrit depuis longtemps n’est pas dangereux lors de son utilisation contre d’autres pathologies comme la paludisme , il n’y a pas de raison qu’il le soit en cas de covid 19.
    Ne vaut-il pas mieux essayer ce traitement plutôt que aucun traitement du tout ? Il est interdit en France pour le covid, l’est-il aussi en Belgique ? A ma connaissance non , mais les médecins ne le proposent sans doute pas ou plus .
    .

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    1. C’est la question que tous les gens capables de dépassionner le débat se posent…

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  12. Jean-Pol

    Voici un essai de comparaison de la gravité des deux vagues .
    J’ai choisi deux dates avec un nombre de personnes à l’hôpital pour covid à peu près le même .
    Le 30 mars on avait 4897 personnes hospitalisées ( dont 1.021 en USI ) et 170 décès
    Le 25 octobre on avait 4827 personnes hospitalisées ( dont 757 en USI ) et 85 décès
    La conclusion qu’on peut me semble-t-il tirer est celle-ci : la deuxième vague va amener plus de monde que la première à l’hôpital , mais les cas sont proportionnellement moins sévères .

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  13. Jean-Pol

    Une chose m’étonne au niveau des chiffres : le taux de reproduction reste stable depuis 15 jours autour de 1,5 , alors qu’on aurait pu s’attendre à le voir grimper comme en mars-avril , où il avait atteint assez vite 2,6

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  14. Alain Hensenne

    Du testing: le consensus actuel est de tester le plus possible, dans le but d’isoler les contaminants afin de baisser la transmission. En Belgique (et ailleurs…) cela n’a pas fonctionné: 50% de la population ne suit pas les mesures individuelles de protection (UGhent), et le délai de transmission des résultats s’est allongé rendant ce screening peu efficace. De plus, les non respect de la quarantaine existent.

    Du reconfinement: cela dépend essentiellement de l’adhésion de la population aux mesures individuelles. Il sera inévitable quand les hôpitaux serons submergés.

    De l’aide internationale: déjà que les transferts sont difficiles au niveau national, je me fait peu d’illusions en transfrontalier.

    De l’hydroxychloroquine: pas disponible hors de l’hôpital. hors AMM. Donc, non délivré par le pharmacien lorsque la prescription ne mentionne pas que le ou la patient(e) est atteint(e) d’un lupus érythémateux, d’une arthrite rhumatoïde ou d’une malaria… Cette molécule est pourtant utilisée dans plusieurs maladies, hors AMM ou « off-label » ( dermatomyosite, sarcoïdose, Lyme, fièvre Q ….).
    Les études observationnelles sont encourageantes, pour les administrations précoces:
    https://c19study.com/

    D’où vient l’interdiction de délivrer en médecine de ville ? Je l’ignore, d’autant plus que les publications s’accumulent , la dernière en date est sortie hier, et concerne justement l’utilisation en ambulatoire:
    https://doi.org/10.1016/j.ijantimicag.2020.106214

    De la bonne stratégie: pas chez nous,regardons chez nos voisins!
    https://ourworldindata.org/coronavirus-data-explorer?zoomToSelection=true&time=earliest..latest&country=GRC~BEL~DEU~EuropeanUnion~Asia~Africa&region=World&deathsMetric=true&interval=total&hideControls=true&perCapita=true&smoothing=0&pickerMetric=location&pickerSort=asc

    De la comparaison entre les deux vagues: je ne me hasarderais pas à faire des prévisions ce jour, car nous sommes encore en phase exponentielle pour les hospitalisations, et l’IFR (taux de létalité) va être modifié par un meilleur accès au diagnostic, une prise en charge plus précoce et qui s’est améliorée sur ces six derniers mois.
    Enfin, il faut garder à l’esprit que in fine, le taux de létalité est une exponentielle en fonction de l’âge (DOI:https://doi.org/10.1016/S1473-3099(20)30243-7), et que l’âge moyen des cas est en train de grimper!
    https://www.covidata.be/cases/age_groups

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    1. joss

      @A Hensenne
      En effet, les personnes décédées sont toujours majoritairement nos anciens. Aucun changement depuis la 1ère vague.
      Malgré toutes les nouvelles mesures de protection et d’endiguement appliquées à la population dans sa globalité depuis cet été, le virus parvient toujours à atteindre nos personnes âgées. S’il y avait bien une seule mesure à prendre, ce serait celle de la protection de nos « vieux ». Tant d’énergie dépensée et de moyens, là où les effets sont quasi nuls…cela produit de la lassitude et du découragement.

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  15. Alain Hensenne

    @Joss

    D’où l’intérêt:
    1.d’avoir la possibilité de tester massivement les zones à risques, comme les MRS.
    2.d’éduquer nos jeunes, ne fusse que leur apprendre d’éviter d’embrasser le pépé après une guindaille.
    3.d’éduquer le reste de la population en se servant des médias modernes.
    4.de respecter les piliers de l’infectiologie.

    Quel est le seuil d’amplification actuel? De mémoire je pense que au dessus de 33-34 plus rien ne pousse.

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    1. joss

      Coronavirus en Belgique : « La situation devient gravement problématique dans les maisons de repos »
      https://www.rtbf.be/info/dossier/a-votre-avis/detail_charlotte-martin-j-appelle-au-respect-parfait-des-mesures-actuelles?id=10619936
      Et pourtant, on ne peut pas dire que les mesures de protection ne soient pas strictes, il reste la cellule d’isolement comme en prison pour empêcher les gens de mourir de la covid mais de vivre aussi.

      Mesures dans les maisons de repos (MR-MRS) et autres structures résidentielles:
      https://www.wallonie.be/fr/maisons-de-repos#:~:text=Les%20visites%20au%20sein%20de,de%20visites%20de%2015%20jours.

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  16. Jean-Pol

    Aujourd’hui c’est une évidence la deuxième vague est là et elle entraîne la présence simultanée à l’hôpital de plus de personnes que llors de la première vague , mais parmi elles , le pourcentage qui se retrouve en USI est pour le moment plus faible et entraîne moins de décès . Cela va peut-être évoluer …
    Certains cherchent des coupables :
    -les « marchands de déni »
    -les citoyens qui n’auraient pas respecté les consignes
    -les politiques qui réagissent trop tard .
    Je propose une autre hypothèse que cette culpabilisation : après le déconfinement , il aurait été logique d’avoir une deuxième vague en été , elle n’est jamais arrivée .
    Le virus n’est-il pas simplement un virus saisonnier ( plus virulent que les autres ) , dont on peut seulement limiter la circulation sans pouvoir la stopper complètement ?
    L’exemple des maisons de repos est parlant : beaucoup de mesures ont été prises et pourtant le virus entre quand même ….
    En cas d’inondation , on peut essayer de contenir l’eau , mais elle finit toujours bien par entrer dans la maison , à faire des dégâts puis à s’en aller ……
    C’est une vision un peu fataliste des choses , mais on ne peut pas tout face aux forces de la nature , même si on rêve de tout maîtriser ….

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  17. Alain Hensenne

    @Jean-Pol

    Je ne recherche pas des coupables.
    Je fais partie des médecins qui subissent la situation actuelle.
    De part ma spécialité, je suis en première ligne.
    ET VOUS ? Puis je vous sortir de votre lit à mon prochain appel ? Quel plaisir de vous sortir de votre petit confort quotidient.
    Bonne nuit!

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  18. Réginald

    Difficile de se prononcer sur le fatalisme : entre un asymptomatique serein et une personne qui a développé (ou a vu un proche développer) une forme sévère du Covid, la perception doit être très différente. Mais, pour revenir aux chiffres, deux choses m’interpellent :
    * selon https://www.covidata.be/international/hospi_per_100k on hospitalise plus en Belgique : pourquoi ? Comment gère-t-on les entrées/sorties? Y aurait-il un problème spécifiquement belge au niveau de la « première ligne » et des prises en charge extra-hospitalières ??
    * comme beaucoup, je scrute les chiffres des décès. Mais ceux sur https://www.covidata.be/deaths/all ont 3 semaines de retard, ceux sur le remarquable graphique « Covid-19 » de https://epistat.wiv-isp.be/momo/ s’arrêtent à fin septembre, alors que ceux sur https://www.covidata.be/deaths/covid sont donnés au jour le jour. Pourquoi ? Ou bien on les trouve ailleurs ??

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    1. Jean-Pol

      Personnellement je regarde les chiffres de mortalité ( toutes causes confondues ) sur Statbel . Cela permet d’éviter le débat entre « mort du covid » et » mort avec le covid « .
      Jusqu’au 11 octobre on ne note pas de sur-mortalité ( toutes causes confondues ) en Belgique , ça va sans doute venir ….Sera-t-elle aussi élevée qu’en mars-avril ?
      A voir ….
      Intéressant aussi de voir pour 2020 , dans quelles tranches d’âge il y eu de la sur-mortalité .
      C’est le 31 décembre qu’on pourra avoir une vision complète de la situation sur un an .
      Autre chiffre : le taux de reproduction il est en baisse constante depuis 15 jours .

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  19. Jean-Pol

    J’ai écrit récemment 4 chroniques
    « Covid 19 , à propos des alarmistes et des rassuristes »
    « covid 19, à propos des victimes, des sauveurs et des coupables »
    « covid 19 ,à propos de Didier Raoult »
    « Covid 19, à propos de la Suède »
    Vous souhaitez les lire ? Envoyez-moi un mail à l’adresse suivante :
    jp_benoit@outlook.com , je vous les envoie en format PDF par retour du courrier .

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  20. Jean-Pol

    Pour info, Didier Raoult annonce son intention de saisir la justice afin de pouvoir continuer à utiliser l’hydroxychloroquine ( il avait essuyé un refus de l’agence du médicament )
    Il demande aussi que soit située la responsabilité de la décision entre le Ministère de la santé et la firme Sanofi qui refuse de lui livrer le produit .
    Base juridique : « omission de combattre un sinistre » ( qui est un délit )
    A suivre ….
    Actuellement aucune étude scientifique de grande ampleur ne prouve l’efficacité ou l’inefficacité du produit .
    Raoult se base sur des études cliniques ( les siennes et d’autres )
    Le produit , dans la phase précoce de la maladie n’ayant pratiquement aucun effet secondaire , à défaut d’un autre traitement , pourquoi refuser aux médecins le droit de la prescrire d’autant plus qu’il n’est pas cher ?

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  21. Alain Hensenne

    C’est bien gentil de votre part.
    Pour l’instant je digère une autre littérature:

    https://c19study.com/
    https://hcqmeta.com/

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    1. Jean-Pol

      Merci pour ces articles qui demandent pour les comprendre de bonnes bases scientifiques que je n’ai pas .
      Donc , une demande aux professeur Rentier : ces études permettent-elles aujourd’hui d’affirmer que le protocole de Didier Raoult fonctionne ou qu’il ne fonctionne pas ?
      Jusqu’à présent , vous vous êtes montré prudent sur le sujet .
      Si ça fonctionne , un combat est à mener pour que les autorités le conseillent et qu’il soit remboursé et cela permettrait de réduire le nombre d’hospitalisations en cas de pic pandémique .
      Merci d’avance pour votre éclairage .

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      1. Je reste effectivement prudent car là première étude publiée par son groupe (https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC7151271/) laissait terriblement à désirer sur le plan méthodologique. Elle est apparue comme LA solution aux yeux des non-spécialistes alors que les scientifiques se braquaient. L’accompagnement médiatique organisé par Raoult a contribué à cliver passionnellement les réactions : amour/haine. Des articles sont sortis dans les « meilleurs journaux médicaux » qui invalidaient la thèse de Marseille: il se sont avérés frauduleux et ont été rétractés (https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(20)31958-9/fulltext). D’autres études invalidant la théorie ont été publiées mais elles utilisaient des doses sans commune mesure avec celles de l’équipe Raoult. Par contre, une vaste étude belge a apporté une confirmation à l’hypothèse (https://www.lejournaldumedecin.com/actualite/la-belgique-rehabilite-l-hydroxychloroquine/article-normal-50183.html?cookie_check=1604567727).
        Il edt donc difficile, voire impossible de trancher, sans études complémentaires sérieuses et indépendantes. Toujours est-il que l’hypothèse n’est pas invalidée et son examen doit être dépassionné.

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  22. Alain Hensenne

    Du Covid-19 chez les jeunes:
    Ce que j’apprécie dans les études épidémiologiques militaires c’est qu’elles sont quasiment des modèles expérimentaux. Deux articles ont été publiés dans le NEJM ce mois de novembre sur ce qui se passe dans un milieu fermé et dans un milieu semi ouvert très protégé et très surveillé.

    Le premier concerne l’épidémie sur le porte avion USS Th. Roosevelt.
    https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2019375?query=featured_coronavirus

    La moyenne d’âge de 27 ans (range 18-59) ressemble à celle de n’importe quelle université, mais le taux de comorbidité y est vraisemblablement plus faible.
    Sur 4779 membres d’équipage, 1271 ont été testé positifs, et 60 membres étaient symptomatiques avec une PCR négative.
    Il a suffit de 5 semaines après le premier test positif pour dépasser 1000 cas. Le CFR est de 1 décès pour 1271 peut être « approximé » à 1/100 000 pour ces jeunes en bonne santé.
    76.9% étaient asymptomatiques au moment du dépistage et seulement 55% ont été symptomatiques! Cette publication met très bien en évidence que la symptomatologie initiale chez les jeunes est différente de ce qui est suggéré par nos agences de santé.

    La deuxième publication rapporte ce qui se passe dans un centre de formation de l’USMC, malgré l’application de deux périodes de quarantaine dont la dernière était encadrée et surveillée
    https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2029717

    Les résultats sont édifiants: 2% de cette jeune population sont devenus positifs en deux semaines.
    Tous les cas index étaient asymptomatiques.
    La quatorzaine semble bien insuffisante et l’article de Qin J, You C, Lin Q, et al
    ( Estimation of incubation period distribution of COVID-19 using disease onset forward time: a novel cross-sectional and forward follow-up study Sci Adn. 2020) qui suggère que 5 à 10 % des infectés ont une période d’incubation de plus de 14 jours est bien dans le vrai.

    Le diable se cache dans les détails.
    A méditer …

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