On va croire que j’ai des comptes à régler avec Sciensano, l’indispensable service public belge en charge de la surveillance épidémiologique de la pandémie de COVID-19 et de l’information à en donner au public. J’assure qu’il n’en est rien mais cela ne m’empêche pas d’avoir une grande difficulté avec leur communication vulgarisée et en particulier l’usage des statistiques. Il ne faut d’ailleurs pas être un statisticien hors-pair pour ressentir ce malaise.

Dans leur dernière conférence de presse, ce vendredi 4 septembre, ils annoncent que “sur les 65.000 voyageurs revenus de zone rouge, 66% ont fait un test à leur retour en Belgique, et 2% d’entre eux étaient positifs.

En soi, pas de surprise: le taux de positivité chez l’ensemble des personnes testées en Belgique est actuellement de… 2,07% !

Par conséquent, si on ne peut mettre en doute l’affirmation qui suit, “Ça veut dire que 20% du total des cas diagnostiqués en août, en Belgique, revenaient donc de l’étranger, elle nous laisse tirer une conclusion fausse qui serait qu’une contamination sur 5 a lieu à l’étranger, en zone rouge. En effet, comme le taux de positivité de ces 43.000 personnes testées est le même que celui de la population testée ne revenant pas (du moins, on le suppose) d’une zone rouge, on ne peut conclure qu’une seule chose:

au mois d’août, 20% des tests réalisés en Belgique l’ont été sur des personnes revenant de zones rouges.

C’est évidemment moins sensationnel et, pour tout dire, sans intérêt.