Ca devient déboussolant.

On nous annonce que “les recommandations de testing pour les enfants de maternelle (moins de 6 ans) ont été modifiées samedi par l’institut de Santé publique Sciensano, pour correspondre désormais à ce qui valait jusqu’ici pour les tout-petits (moins de 3 ans). Selon la procédure mise à jour, il ne suffit plus qu’un enfant de moins de 6 ans montre des symptômes de la Covid-19 pour qu’on recommande de lui faire passer un test de dépistage”.

D’habitude, certains m’accusent d’être trop imprudent et d’encourager les gens à relâcher la vigilance (ce qui est faux). Mais pour le coup, me voici du côté des plus prudents, parce que, pour moi, on ne doit pas lésiner avec le testing, d’autant plus que les tests sur salive sont en train d’apparaître.

À mon humble avis, si un enfant, à l’école maternelle, présente des signes de COVID-19, donc est symptomatique, il doit être testé, même s’il n’est pas dans un état qui exige de l’hospitaliser et même si personne, dans son foyer, n’est consciemment fragile.
Ou alors je ne comprends plus rien à la prévention. Ni à la politique de testing pour laquelle tout le monde s’accorde à dire qu’elle doit être aussi large et massive que possible.

Le document de Sciensano n’est guère plus explicite (ici, en français, moins complet. Il s’agit du règlement pour les enfants jusque 3 ans, dont on annonce l’extension jusqu’à 6 ans).

J’ai dû manquer quelque chose, c’est très possible, mais je n’ai vu, dans la littérature scientifique, aucune communication sur la base de laquelle une telle décision pourrait être prise. Toutes indiquent qu’on n’a pas encore suffisamment de données pour se prononcer, ce qui devrait inciter à la prudence… Quelqu’un peut m’aider ?

L’inverse n’est pas vrai

L’absurdité (à mes yeux en tout cas) se prolonge dans la décision de fermer toute une classe (et tout le monde part en quarantaine) si c’est l’instituteur/trice qui est testé/é positif/ve… Quelqu’un comprend ?

À faible risque de quoi, exactement?

Enfin, on confond allègrement ici “être à faible risque d’infection” et “être à faible risque de devenir malade”.
A moins qu’un scoop médical ait échappé à mon attention, nous en sommes toujours à l’idée qu’un enfant peut être infecté, porteur, potentiellement contaminant, et demeurer asymptomatique. Par ailleurs, lorsqu’il est symptomatique, il tousse, éternue et propage le virus, sauf si on apporte les preuves scientifiques du contraire. Connaître cette réalité peut s’avérer extrêmement important. En tout cas dans un contexte où on impose, sans doute à juste titre, des mesures contraignantes à tout le monde… Quelqu’un comprend ?

Qu’on trouve judicieux de ne pas tester tous les enfants, je le comprends, mais la décision de ne plus tester les 0-6 ans symptomatiques est formidablement contradictoire par rapport aux autres mesures en vigueur. Je n’entends pas de réaction des spécialistes… Il y a quelqu’un ?

Entendons-nous bien. Je ne suis pas en train de m’opposer à cette étrange décision, je cherche seulement à me faire expliquer pourquoi je déraille.


Petite précision: c n’est pas Sciensano qui prend de telles décisions, c’est le RAG. Sciensano les diffuse. “En cas de menace pour la santé publique, les autorités sanitaires prennent des mesures en vue de réduire autant que possible le risque pour la population belge. Le Risk Assessment Group (RAG) analyse le risque pour la population sur la base de données épidémiologiques et scientifiques.”