Voici revenu le temps des classements. Dans la torpeur de l’été médiatique finissant, cela devient une sorte de tradition.

Je me demande parfois comment réagirait Le Soir ou tout autre journal belge si, chaque année, au moins deux fois, un classement chinois le plaçait en très lointaine position derrière l’Asahi Shimbun ou encore The Times of India ou Bild ou The Sun…? Ou même le très célèbre New York Times, pourtant 39e au classement mondial des tirages
Ne penserait-il pas illico qu’on ne parle pas de la même chose et que, de toute façon, ses lecteurs ne sont pas intéressés, du moins au premier chef, par ces autres journaux « prestigieux »?
Et encore, la comparaison ne tient guère la route lorsqu’on réalise que, dans le cas précis du classement de journaux présenté ici, on n’utilise qu’un seul critère et qu’en outre, il est objectif (le tirage), à l’inverse des classements d’universités, qui en utilisent plusieurs, et dont la pondération comme la signification sont hautement discutables.

Et que dirait-on si une de nos étudiantes devenait championne olympique et si ce seul fait nous faisait grimper de 100 places au classement…? (Quoique, là, ça pourrait se défendre !).

Il faut vraiment qu’on arrête de donner du crédit à ces classements qui ne veulent quasiment rien dire, mais qui frappent l’opinion comme si cela avait un sens pour les lecteurs.

La seule conclusion utile pourrait être de se dire que figurer parmi les 500 « meilleures » universités mondiales équivaut à se situer dans les 5 meilleurs pourcents, ce qui est et reste, pour toutes les universités belges, un succès, si on s’obstine à croire le moins du monde aux classements. Mais là encore, n’utilisons pas un système auquel nous n’attribuons aucune valeur pour nous glorifier d’une soi-disant évaluation qui n’a pas de sens.

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