Max Planck sur l’idée de transformer tous les abonnements en APC, idée décrite dans ce livre blanc : http://openaccess.mpg.de/2121558/MPDL_Open_Access_White_Paper

L’effort permanent de scientifiques influents pour pérenniser le « business model » et le chiffre d’affaire des multinationales de l’édition à leurs propres dépens me sidérera toujours.
Que les grands prédateurs des ressources de la recherche utilisent tous les moyens que leur argent leur permet de déployer (séduction des chercheurs, promotion de l’évaluation par le prestige, lobbying intensif des instances décisionnelles) pour maintenir leur commerce et le rendre encore plus florissant me semble normal (après tout, ce sont des marchands et la règle est évidente), mais que les chercheurs se précipitent tête baissée pour trouver, sous prétexte de rationalisme, voire de « réalisme », à travers de soi-disant avantageuses négociations, des solutions qui agréent aux responsables de leur syndrome de Stockholm, au lieu de reconquérir leur indépendance, me déconcerte et, à vrai dire, me décourage complètement.
Le mouvement de l’Open Access a gagné la première bataille (un long combat de 20 ans). Il est en train de perdre la suivante.

3 commentaires sur “

  1. Simone Jérôme

    Je suis un peu étonnée du pessimisme de votre commentaire alors que l’étude du Max Planck me semble apporter un support de poids à l’OA en démontrant que sa généralisation pourrait se faire en redirigeant les sommes actuellement dépensées en abonnements vers sa mise en place. Il est vrai que tout organisme vise à garantir sa survie et met en place des stratégies dans ce but. La société des éditeurs qui dispose en plus de fonds considérables ne fait pas exception. Mais quand un empire a fait son temps et a atteint ses propres limites, il doit tomber. Ce n’est qu’une question de temps.

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    1. Vous avez évidemment raison, toutefois dans une optique pragmatique, qui est également celle du Max Planck…
      Mais pour moi, toute voie qui implique un arrangement avec des entreprises dont nous n’avons plus besoin et qui nous exploitent depuis des décennies est, par définition, une mauvaise voie.
      Je le précise tout-de-suite, il ne s’agit pas d’amour propre ou de quoi que ce soit de ce genre, il s’agit de se prémunir d’un danger manifeste: celui de voir l’inversion du système « lecteur payeur » en « auteur payeur » s’installer définitivement et évoluer vers un renforcement du « prestige factor », donc d’une escalade des coûts. Pour moi, c’est la vraie mauvaise solution.
      Le monde scientifique doit se reprendre en main, c’est la seule voie de sortie. Il doit rompre avec ceux auprès desquels il a conclu une sous-traitance et qui en ont outrageusement abusé au fil des ans, et l’on pris tout entier en otage.
      Cela va demander un effort considérable, mais la liberté de chercher est à ce prix.

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      1. Simone Jérôme

        Excusez-moi. Je ne suis plus vraiment l’info en la matière et je me suis contentée de l’abstract. Erreur. J’ai donc lu l’article et je suis entièrement d’accord avec vous. S’il est temps de casser le monopole de quelques grosses sociétés privées sur la publication scientifique, ce n’est certainement pas en faisant passer la charge du lecteur vers l’auteur que cela se fera. Cela servira tout juste à favoriser les publications émanant d’institutions disposant de moyens importants au détriment des petites institutions.
        La sphère académique doit reprendre ce qui lui appartient. Si techniquement ou financièrement, elle n’en est pas capable, ce dont je doute, elle peut s’associer contractuellement avec des sociétés commerciales à condition de garder la haute main sur les choix scientifiques et bien entendu sur les moyens alloués.
        Le vrai problème à mon sens reste la sélection. Il faut éviter la dilution telle qu’elle apparaît sur les réseaux sociaux. Il ne s’agit pas ici d’une évaluation qualitative du genre facteur de ceci ou cela mais de la peer review, exercée en toute impartialité et honnêteté telle qu’elle s’est pratiquée dans les journaux académiques non commerciaux pendant 3 siècles.

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