Le géant des réseaux sociaux à orientation professionnelle LinkedIn annonce son projet de classement des universités sur base de l’analyse de la carrière des diplômés.

Tout classement implique un (ou plusieurs) biais. Il est même impossible de classer sans se fonder sur un (ou des) critère(s) et sans négliger les autres. On ne peut réduire l’immense complexité d’une université à un seul chiffre, avec plusieurs décimales, ce qui est pourtant la condition essentielle pour aboutir à un classement.
Même si on annonce clairement la couleur (ici, la carrière des diplômés), le critère ne peut qu’être basé sur une illusion (dans ce cas, celle qui laisse penser qu’on peut réduire la qualité d’une trajectoire professionnelle à un chiffre et trois décimales…).
Le classement universel n’est donc pas né, et il est loin de naître. En attendant, ceux qui possèdent les « big data » et en premier lieu les « réseaux sociaux » sont en position de laisser croire que, détenteurs d’une multitude de données (par ailleurs crowdsourcées, avec les risques d’imprécision voire de fantasmes que cela implique en matière de qualifications, diplômes et titres acquis et de fonctions exercées), ils sont en mesure d’en tirer des conclusions significatives pour l’orientation d’un individu…

Un peu de réalisme amène à comprendre l’immense bénéfice que peut générer la vente de ces informations et du traitement qui en est fait, en se basant sur l’éternelle crédulité dont font preuve les humains par rapport à « la vérité du chiffre ». Un pactole.

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